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L'EGYPTE ET LK CANAL DE SUEZ '2T

Il n'en fut rien. L'Angleterre avait de gros embarras sur les bras: d'abord le développement de l'insurrection madhiste dans le Soudan égyptien ; puis le mécontentement des puissances, notamment de rAllemagne et de la Russie, après la rupture du 2 août. C'est à ce moment que Bismarck prenait rinitiative d'un congrès qui se réunirait à Berlin pour le règlement des litiges en Afrique.

Jules Ferry, sûr d'être soutenu par l'Europe, adressa, le 8 janvier 1885, à nos ambassadeurs auprès des quatre puis-' sances autres que l'Angleterre et auprès du sultan, une circulaire où il exposait ses idées sur le règlement des affaires financières en Egypte et sur \e Memor a îidutn an^jiais du 29 novembre. Les cabinets de Berlin et Pétersbourg déclarèrent adhérer avec empressement à ces vues. L'Autriche-Hongrie et l'Italie adhérèrent après avoir sondé l'Allemagne et la Russie. Ces quatre puissances promirent de donner à leurs ambassadeurs auprès du cabinet britannique des instructions conformes aux vues de la France. La circulaire Ferry, communiquée par Waddington à lord Granville parut impressionner celui-ci. Il demanda de ne répondre qu'après le prochain conseil des ministres. Le 21 janvier, il discuta quelques-unes des vues financières, mais déclara donner son a entière adhésion » à celles qui avaient pour objet la liberté du Canal. Jules Ferry, par une nouvelle circulaire, du 23 janvier, informa de ce résultat les quatre cours continentales. Leurs quatre réponses consistèrentà prendre acte de la réponse anglaise et à en faire la base de nouvelles négociations, afin de fixer l'accord sur ces deux points : garantie collective de '' la dette égyptienne par les six puissances; — réglementation ' internationale du Canal de Suez.

Le I" février 1K85, nouvelle circulaire de Jules Ferry avec *' un iWcmorr///Jum proposant une enquête internationale surles finances de l'Egypte et la réunion au Caire d'une commission internationale pour u préparer un arrangement relatif au Canal» . Les quatre adhésions des quatre puissances arrivèrent avec la même ponctualité, L'Angleterre fit alors deux ré-

serves principales : Fenquéte internationale devait être facultative et non obligatoire; il vaudrait mieux employer les négociations de cabinet à cabinet que la réunion d'une commission au Caire. M. Waddington faisait des objections : au lieu de ces négociations isolées, pourquoi pas une commission? Elle pourrait se réunir ailleurs qu'au Caire. Il proposait Paris. Alors s'engagea entre lui et lord Granville un curieux dialogue qui peut se résumer ainsi : « Il était juste, disait le Français, que la réunion eût lieu à Paris, puisque le Canal est l'œuvre de l'initiative et des capitaux français. — Le Canal, répondait l'Anglais, a pu être construit par des Français, mais il ne vit que par le transit du commerce britannique. — Soit, répliquait Waddington ; mais si le Canal n'avait pas été creusé par M. de Lesseps, il n'y aurait de transit d'aucune sorte. »

Enfin, le 27 février, le cabinet britannique accepta Paris comme lieu de réunion de la commission. Le 17 mars, parut la déclaration anglaise constatant l'accord des six puissances et de la Turquie pour la réunion à Paris d'une commission

, qui préparerait et rédigerait l'acte de neutralisation du Canal « en prenant pour base la circulaire du gouvernement de S. M. Britannique en date du 3 janvier 1883. » Le 18 mars, fut

* signée la convention internationale relative aux finances égyptiennes.

La commission pour l'acte de neutralisation se réunit le 30 mars dans la matinée. La France y était représentée par MM. Billot, directeur aux affaires étrangères, et Camille Barrère; l'Angleterre par Julien Pauncefote et Charles Rivers Wilson. — Jules Ferry ouvrit la séance par un discours où il glorifiait l'œuvre de Lesseps et son » caractère essentiellement universel, européen, humanitaire » ; où il montrait l'importance et la complexité de la tâche assignée à la commission. 11 terminait ainsi : « La France, qui défend avant tout, dans les questions égyptiennes, l'action bienfaisante de la solidarité internationale, salue en vous, avec confiance, messieurs, les ouvriers d'une grande œuvre. » Pauncefote répondit par un hommage au génie français. La présidence

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