CHAPITRE PREMIER
Portrait physique et moral. — Esthétique.
our retrouver la physionomie de Jules Laurens, on n'a que l'embarras du choix dans la multiplicité des documents.
Un de ses premiers portraits, le plus digne par ses qualités de retenir l'attention, est celui qu'Alexandre Gabanel exécuta à la villa Médicis, en 1846; il est aujourd'hui au Musée de Carpentras. D'une tonalité jaunâtre, le buste du jeune homme, disposé presque entièrement de profil, s'enlève sur un fond noir. L'intensité de vie y est profonde. Gabanel a donné à son ami un caractère m.éditatif et réfléchi qui était bien le sien : la pensée y est grave, l'expression plutôt austère.
En 1848, à Téhéran, Jules Laurens exécuta d'après lui-même un crayon, qui a déjà été reproduit dans VArt. Le sentiment intime y est moins nettement accentué : l'auteur s'est visiblement attaché à reproduire surtout le trait.
Il s'était déjà représenté dans une aquarelle qui a également paru dans VArt : il s'était montré sur les bords de l'Euphrate, près d'Éguinn, où il se trouva le 30 septembre 1847, drapé dans son manteau de voyage et dessinant sur une grande planche. Mais nous avons là plutôt un document pittoresque qu'un témoignage précis sur la personnalité de Jules Laurens, et c'est ce qui ressort aussi du tableau que M. Jules Didier a peint d'après la même aquarelle. Conservé au Musée de Carpentras, c'est très probablement celui qui figura au Salon de 1855. Une autre fois, Jules Didier dessina son maître en pleine forêt de Fontainebleau,