‹ Jules LaurensChapitre 11 sur 230 · J. LAURENS QUITTE CARPENTRAS · texte numérisé non relu

J. LAURENS QUITTE CARPENTRAS

célèbre portraitiste de la cour de Louis XVI, était revenu dans son pays natal, où se conservaient déjà avec honneur des toiles sorties de son atelier; il y avait laissé encore de multiples témoignages de son grand talent; enfin les frères Bidauld, dont l'un surtout, Joseph, avait acquis une certaine célébrité comme paysagiste, n'avaient pas oublié d'où ils étaient partis.

Mais quoi? En pareille matière, les modèles ne suffisent pas. Duplessis était mort depuis longtemps et Joseph Bidauld avait fixé sa résidence à Paris. Il ne restait à Carpentras, pour enseigner les premiers rudiments du dessin et de la peinture, qu'un brave homme du nom de Denis Bonnet. C'avait été le premier maître de Bonaventure Laurens, et il peignait lui-même avec une facilité et une ingénuité touchantes. Mais il lui manquait trop de qualités, et la première de toutes, une science parfaite et raisonnée du dessin. Il ne pouvait guère inculquer à ses élèves qu'un certain sens du pittoresque, sans être en mesure de les plier à une discipline rigoureuse.

Il est oiseux de se demander ce que Jules Laurens serait devenu s'il avait été abandonné aux seules leçons de ce professeur. Il aurait probablement résisté à son influence et après avoir extrait de Denis Bonnet tout ce qu'il était possible d'en tirer, il aurait fini par échapper à son emprise. Son éducation artistique en aurait été cependant fort retardée et le cours de sa vie se serait déroulé autrement.

Par bonheur, son frère aîné s'était attaché à lui : il lui témoigna assez d'affection et fonda sur son avenir assez d'espérances pour l'appeler auprès de lui. Il devait le mettre en rapport avec des maîtres sérieux, susceptibles de développer ses qualités natives.

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