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CHAPITRE II

Jules Laurens a Montpellier : Son éducation.

E fut en 1837, à l'âge de douze ans, que Jules Laurens fut emmené à Montpellier par son frère Bonaventure. Déjà, plusieurs fois, ce dernier s'est présenté à nous : comme il va désormais exercer une influence prépondérante, il est temps d'esquisser son portrait. Ce sera relativement facile, car payant une vieille dette de reconnaissance, Jules Laurens l'a peint avec une affection touchante dans un livre consacré à sa mémoire vénérée.

C'était bien le type le plus extraordinaire et le plus original que l'on pût rêver. Appelé en 1829 à Montpellier pour y être commis à la recette générale, il était passé bientôt après secrétaire agent-comptable de la Faculté de médecine. Mais ses fonctions administratives ne l'empêchaient pas de s'adonner à ses deux occupations favorites, l'aquarelle et la musique. Doué d'une mémoire merveilleuse, d'une intelligence à laquelle rien n'était étranger (ne l'avait-on pas surnommé dans son entourage le Père de la nature?), possédant une sève et une intensité de vie exceptionnelles, il n'avait jamais assez de son temps pour les occupations qu'il s'était créées. Après une séance d'ateUer, où il avait fait poser les plus séduisantes chato qu'il avait rencontrées, il courait à l'orgue de la cathédrale pour accompagner, tout mécréant qu'il fût, les offices sacrés, il étudiait les collections géologiques ou botaniques de la Faculté, il amassait des notes pour sa Théorie du beau pittoresque, rimait quelque poésie familière, française ou provençale, rédigeait un article pour V Illustration ou le Magasin pittoresque, courait la campagne en quête d'un site

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