CHAPITRE II
LES DESSINS ET AQUARELLES DE JuLES LaURENS
iilla dies sine linea, disait un ancien. Nul jour sans croquis ou dessin, aurait pu dire Jules Laurens.
La quantité d'œuvres de ce genre qu'il a exécutées est en effet vraiment surprenante : c'était pour lui l'écriture courante qui fixait ses souvenirs comme l'expression de ses idées.
On se rappelle que, dès son enfance, il tenait le crayon en main et qu'il avait le don d'intéresser son grand frère Bonaventure. Depuis le moment où il faisait le « pont de la mer », jusqu'à ses derniers jours, il ne devait plus s'arrêter.
Les premiers dessins que nous ayons de lui sont ceux de l'album, dont Bonaventure Laurens lui avait fait cadeau pour ses étrennes de 1836 : ce sont des œuvres d'enfant bien doué, mais puériles encore. Je n'insisterai donc pas.
Il est beaucoup plus intéressant de feuilleter les premiers portefeuilles qu'il ait collectionnés : ce sont ceux qui, débutant par les planches exécutées en la rade de Toulon et en Italie en 1846, se sont accrus notablement pendant le séjour en Turquie et les excursions en Bulgarie, Valachie et Anatolie, et finalement ont recueilli tous les dessins du voyage en Perse. Ils ont été partagés par M. Laurens lui-même entre la Bibliothèque de l'École des Beaux- Arts de Paris, les Musées de Carpentras et d'Avignon; différentes personnes de sa famille et des amis en ont reçu aussi, soit des originaux soit des copies. On sait déjà qu'une centaine des plus beaux, relatifs à la Turquie et à la Perse, ont été pubhés dans l'Atlas accompa-