DESSINS DE LA FORET DE FO^'TAI^■ EBLEAU
Les dessins et aquarelles qu'il rapporta de ses expéditions à Tauves et dans les environs, lui servirent dans ses travaux ultérieurs d'une façon notable : un moment même il s'y attacha autant qu'à ceux rapportés par lui de Turquie et de Perse. Il les traduisit dans toute une série de tableaux, il en publia d'autres dans U Illustration et Le Journal pour tous; des eauxfortes en utilisèrent et s'il n'en donna que peu en lithographie, c'est qu'il n'osait se mettre en concurrence avec Jules Dupré, Troyon, Théodore Rousseau et autres grands paysagistes dont il interprétait alors les œuvres.
En forêt de Fontainebleau il se retrouvait au miheu des grands arbres et des rochers; pourtant la nature plus sèche, le sol plus sablonneux nourrissent une végétation beaucoup moins luxuriante que celle de l'Auvergne. Mais ayant pour ainsi dire aux portes de Paris un tel sujet d'études, comment Laurens aurait-il pu s'en priver? Et de fait, depuis le jour où il y fit la connaissance de Cicéri jusqu'à l'époque où il retourna se fixer dans son pays natal, il y exécuta de nombreux dessins, que ses pinceaux et son crayon lithographique reproduisirent et interprétèrent ensuite. Il s'installait à Barbizon ou à Marlotte et passait sa vie en forêt. Quand il débuta, « Barbizon ne se composait guère que de deux rangées d'humbles habitations, presque toutes en pisé et chaume, d'un aspect comme préhistorique ». Mais l'auberge Ganne commençait à devenir célèbre dans le monde des artistes : Edouard Bertin, Corot, Ahgny, Alexandre Desgoffes, Paul Flandrin, Cabat, Français, Célestin Nanteuil, Diaz , Eugène Cicéri, Harpignies, d'autres encore, y étaient déjà venus et en avaient rapporté quelques-unes de leurs meilleures œuvres. Jules Laurens se joignit à cette glorieuse phalange et ne fut pas de ceux qui s'enthousiasmèrent le moins. Les arbres, les grands et vieux arbres, succombant sous le poids de leurs lourdes branches, le séduisaient, nous le savons, au plus haut point. Le voilà donc dessinant, dans les Ventes à la Reine, des chênes fracassés par la foudre, tordus, lamentables; les Burgraves, ces géants dont la magnificence défie la mort; le Tortillard de la Gorge aux Loups, penché, bosselé, chenu; les clairières où sautillent les pies, les hautes futaies