QUALITÉS DU PORTEFEUILLE DE VOYAGE
pour qu'on ne les rapporte pas ici : « Compagnon de voyage de Hommaire de Hell en Orient, M. Laurens a déjà publié ses plus importantes vues de Perse et de Turquie. Mais sou^- le crayon d'un dessinateur fécond et curieux, tout devient matière à un croquis plein d'intérêt : le moindre détail de la nature, interprété avec amour, acquiert une saveur spéciale; le monument, dédaigné par l'archéologue, a sa valeur dans le paysage; le costume, les races, les objets d'usage journalier, abondent en sujets d'étude. C'est ce regain qup M. J. Laurens n'a pas voulu laisser perdre et nous l'en félicitons, car, pour le véritable amateur, ce regain est souvent la fleur du panier...
« On sait avec quelle perfection M. Jules Laurens a reproduit les finesses de nos maîtres modernes, depuis Delacroix jusqu'à Rosa Bonheur. Livré à lui-même et interprète de ses propres œuvres, son dessin prend une largeur remarquable : son crayon, gras et léger, accuse, par des travaux toujours simples, un effet sobre et grand. En ce temps de photographie à outrance, une publication lithographique est une bonne fortune. Quand elle ne servirait qu'à donner des modèles à l'enseignement, il faudrait la louer. Mais M. Jules Laurens atteint un résultat plus élevé : outre l'attrait pittoresque que présente la comparaison de natures si diverses, son Portefeuille de voyage aura le mérite de perpétuer les saines traditions d'un art tout français. »
La Hthographie, hélas! ne jouissait plus guère alors de la faveur du public et le succès ne répondit pas aux espérances de l'artiste : le Portefeuille de çoyage n'eut qu'une seule livraison et nous devons regretter vivement qu'il n'ait pas été continué. Nous aurions été heureux en particulier de connaître les dessins rapportés d'Angleterre, qui paraissent avoir disparu complètement.