ÉLOGES DES CRITIQUES POUR LE LITHOGRAPHE
entraînés par son exemple et, ses encouragements, et commencèrent sous ses yeux à s'exercer dans un art qui leur devint ensuite familier!
Les critiques, de leur côté, ne lui ménageaient pas les compliments. « Dans un paysage d'après M. Paul Flandrin, écrivait Paul Mantz dans son Salon de 1859 (1), M. Jules Laurens a donné aux arbres, au ciel, aux terrains une grâce molle et douce qui manque à l'original. » M. de Saint- Saintin, dans son article Quelques arts gui s'eji vont il), tout en déplorant que la lithographie devînt dédaignée, notait : « Français, Baron, Eugène Leroux, Jules Laurens ont crayonné d'après les tableaux de Corot, de Marilhat, de Decamps, de Robert Fleury, d'Isahey, de J. Dupré, de tous les grands paysagistes et peintres de genre, qui, hier encore, donnaient la vie et l'éclat à notre école, des images si fidèles et si ardemment colorées et d'une exécution si séduisante qu'ils se peuvent justement vanter d'avoir autant fait que leurs modèles mêmes pour la popularité de cette école. »
Si les plus illustres chefs des ateliers lithographiques, découragés par l'indifférence de plus en plus giande du public, abandonnaient la lutte, J. Laurens restait sur la brèche, au risque de passer pour un attardé. Il réussissait à s'imposer malgré tout et Philippe Burty, louant son ardeur, était obligé d'avouer qu'il était « un des artistes des plus intéressants pour la conscience qu'il apporte en toute chose, lithographie, eau-forte, dessin ou peinture (3) )\ Le même critique reconnaissait cependant, l'année suivante, que la lithographie ne cesserait point d'être pratiquée: « On a remarqué, disait-il, avec moins de justice que de malice, qu'elle avait perdu de sa puissance réelle depuis que les peintres ne la cultivaient plus et que, vaincue par la renaissance de l'eau-forte, elle était devenue un métier spécial. Cela n'est exact que dans une certaine mesure. Les belles lithographies actuelles sont dues à des peintres. M. Jules
(1) Oazette des Beaux- Arts, t. III (1859), p. 30.
(2) Même revue, t. XIX (186,5), p. 309.
(3) La gravure et la photographie en 1867, dans même rcnxe, t. XXIII (1867), p. 263.