DIVISION DE SON ŒUVRE PICTURALE
2" Ceux qui montrent de simples paysages, sans prétendre aucunement susciter dans l'esprit du spectateur d'autres impressions que celles que produit la nature sur un artiste. Mais ces paysages ne sont pas imaginaires, ni le résultat d'une combinaison plus ou moins heureuse d'études prises de ci et de là ; ils sont réels, ils existent tels qu'ils sont ici. A cette catégorie appartiennent de nombreuses compositions sur le midi de la France, l'Auvergne, la lorêt de Fontainebleau et les environs de Paris. Il est à remarquer cependant que toutes, ou à peu près, sont animées par la présence d'une ou plusieurs figure^ . celles-ci ont des proportions rr^streintes, soit, mais elles existent et elles font tort h la tliéorie soutenue par leur auteur que l'homme devrait être banni d'un véritable paysage. Si ce ne sont pas des êtres humains, ce sont des animaux et des oiseaux qui se meuvent dans le décor des plaines, des bois et des rochers.
3*^ Les portraits et tableaux de genre. C'est à beaucoup près la série la moins abondante; pendant de longues années, les préférences du peintre étaient pour le paysage et ce n'est qu'exceptionnellement et pour ne pas mériter le reproche d'exclusivisme qu'il abordait d'autres sujets. Rt puis il réussissait trop bien les portraits aux crayons de couleur et il lavait avec trop de brio ses aquarelles pour ne pas s'en tenir presque toujours là. C'est surtout d'après les études faites en Perse et en Auvergne que ces nouvelles œuvres furent exécutées.
\° Enfin les tableaux de fleurs. Jules Laurens s'y mit, semble-t-il, un peu tard : le premier qu'il ait exposé au Salon de Paris ne le fut qu'en 1869. Mais pendant toute la dernière partie de sa carrière il s'y adonna avec ce que j'appellerai une passion respectueuse. Dahlias, pivoines, chrysanthèmes, marguerites, telles étaient ses fleurs préférées. Mais ce parfait amant de la nature, par une inconséquence dont il ne se rendait pas compte, ne les peignait pas sur leur tige : il lui fallait auparavant les couper, c'est-à-dire hâter leur mort, et les disposer, soit en brassées sur une table ou dans une vasque de fontaine, soit en bouquets dans une vieille faïence, un pot d'étain, un vase de verre transparent. Il avait