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TABLEAUX EXPOSES EN

About, qui écrivit à son sujet : « Un hardi voyageur qui a pénétré jusqu'au fond de la Perse, M. Laurens, a rapporté un paysage de Téhéran. Pour ceux qui ne connaissent la Perse que par les dessins et tableaux de M. Flandin, il est heureux que M. Laurens ait fait ce voyage. Ses lithographies sont admirables et son tableau est excellent. On y étouffe, on y sue, on y mange de la poussière, on va prendre un bain après l'avoir vu. Laurens est un beau talent. Pourquoi n'a-t-il exposé qu'un paysage? »

Une telle appréciation, venant d'un littérateur déjà universellement estimé et qui connaissait lui-même l'Orient, dut commencer à créer, en dehors des milieux d'artistes, l'atmosphère de sympathies intelligentes, au milieu desquelles se développa la carrière de notre artiste.

Deux ans après, Jules Laurens récidiva avec une nouvelle Campagne de Téhéran, mais pour ne pas laisser s'enfermer dans une spécialité étroite, il joignit à son envoi un Lecer de lune près de Marloite [Seine-et- Marne). Le tout fut tellement apprécié que le jury décerna à l'artiste une médaille de troisième classe.

La Campagne de Téhéran est arrivée au Musée d'Avignon : c'est donc un des tableaux les plus anciens de Laurens (abstraction faite de ses œuvres de concours pour le prix de Rome qui se trouvent au Musée de Carpentras), que le pubhc puisse voir. La composition en est très simple, sans heurt, ni contraste forcé : l'impression de tristesse et de désolation est donnée par ce terrain aride et sec, d'un ton jaunâtre, que les briquetiers ont creusé de trous béants, par cette tour où cuit l'argile et qui épand sa lourde fumée sur la plaine, par les lignes nettes de ces montagnes à l'horizon, brûlées par un soleil implacable. Au premier plan, un louti ou brigand persan, avec un arsenal d'armes; puis, quelques voyageurs accroupis avec leurs chameaux harassés de fatigue. Nous avons bien ici la reproduction de ce paysage lugubre, où Laurens promenait sa nostalgie en attendant le m.oment de quitter Téhéran pour la France. Il figure du reste à peu près avec les mêmes détails dans l'Atlas du Voyage en Turquie et en Perse (n^ I^VIII).

Les deux tableaux qui furent reçus au Salon de 1859 : Paysage, .wm-

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