‹ Jules LaurensChapitre 17 sur 230 · DIRECTION DONNÉE PAR BONAVENTURE LAURENS · texte numérisé non relu

DIRECTION DONNÉE PAR BONAVENTURE LAURENS

vivant, c'est surtout de son frère Bonaventure que Jules reçut des conseils pour le paysage, le choix du sujet, l'arrangement de la composition, le sens du pittoresque. Car Bonaventure le prit avec lui de bonne heure pour l'accompagner dans ses courses d'études, que dis-je même, il l'associa presque aussitôt à ses propres travaux et mérita ainsi les sentiments de reconnaissance que Jules éprouva toujours pour lui à un degré très vif. Bonaventure s'occupait alors d'une publication lithographique, accompagnée d'un texte historique et archéologique que rédigeait Jules Renouvierî elle avait pour titre général : Monuments de quelques anciens diocèses du Bas-Languedoc expliqués dans leur histoire et leur architecture. Or, dès le 19 février 1839, Bonaventure prenait soin de faire remarquer àl'un de ses correspondants, en lui adressant une livraison de cet ouvrage, « que l'intérieur du cloître d'Arles, l'entourage de la description de Lodève et l'intérieur du cloître de Grammont sont entièrement du crayon de Jules ». Ce fut là le début de la production de notre artiste, le commencement d'un œuvre qui devait être si copieux.

Il ne fallait pas cependant galvauder son habileté précoce; malgré tout le plaisir que Bonaventure éprouvait à produire son junior, il parait l'avoir senti. Il ne cessa de l'encourager à étudier, il le mit lui-même en face des spectacles les plus intéressants, l'introduisit notamment dans ce vaste domaine de la Valette aux portes de Montpellier, « mine des plus variées et essentiellement caractéristique des éléments pittoresques du pays méridional », avec ses « groupes de rochers calcaires aux gris argentés », ses « bois de chênes et bosquets de peupliers blancs », ses « bords herbacés de la rivière du Lez », ses « fermes à aspect de fabriques poussinesques ».

Désireux de n'être pas à charge complètement à sa famille, le jeune homme, je pourrais encore dire l'enfant, car il n'avait que treize ans quand il donna ses premières leçons, entreprit de gagner quelque argent en enseignant le peu qu'il avait acquis déjà. C'est d'ailleurs un trait de son caractère que cette fierté de vouloir se suffire à soi-même et de ne devoir aux autres, même à ses proches les plus aimés, que le

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