‹ Jules LaurensChapitre 170 sur 230 · LE CHEMIN DES SABLES » EXPOSE EN · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DES SABLES » EXPOSE EN

Il fut encouragé à reprendre, pour 1869, un nouveau sujet dans la forêt de Fontainebleau, Le Chemin des sables, effet d'orale. Voici comment il l'a décrit lui-même :

« Le Chemin des sables est emprunté, à une partie de la forêt de Fontainebleau très connue, du nom de Long-Rocher. Cette nature... est choisie et présentée ici sous son aspect le plus étrange, bizarre même et par SOS éléments intrinsèques et par son effet accidentel. Des blocs isolés et des groupes de roches de grès aux sombres colorations sont pris, comme les dents dans les gencives, dans un sol onduleux de sable très blanc, formé de leur détritus. Çà et là quelque végétation : mousse, bruyère, bouleaux... Le fait qui s'y produit... est un violent coup de soleil, exagérant sinistrement,sous un ciel noir et mouvementé, l'intensité lumineuse du sable. La silhouette frissonnante d'un arbre assez lointain, au centre du sujet, et une figure de berger qui rejoint, du fond, son chemin à toute course, complètent la donnée dramatique. » Et le peintre ajoute avec son ton habituel : « Un tel tableau mérite peu de la masse du public, à laquelle, évidemment, il s'adresse encore moins. Mais si, dans les rares œuvres purement d'art, ainsi désintéressées de tout ce qui n'est pas leur propre émotion, l'auteur rencontre l'approbation de quelque confrère, il doit se tenir, certes, pour satisfait des plus ambitionnables satisfactions de succès. »

Cette joie lui fut accordée : c'est d'après ce tableau que son ami Bracquemont grava la splendide eau-forte des Loni^s- Rochers, qui entra en ligne de compte lorsqu'on lui décerna la grande médaille d'honneur au vSalon de 1884. Mais aussi quel sujet splendide, quelles murailles épiques dressées vers le ciel, à peine dominées par le vol d'un oiseau de proie! Comme Bracquemont fut bien inspiré par la toile do Laurens et quel chef-d'œuvre l'un et l'autre ont exécuté!

Un deuxième tableau, « dans un cadre noir et sur un fond rouge, Giroflées et ''hrysanthèmes , offrait sa constellation d'étoiles d'or et de neige ». C'était la première fois que Jules Laurens abordait en public un tel sujet et il le faisait avec une discrétion charmante. Le faisceau

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