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LA MOSQUÉE BLEUE A TAURIS » AU SALON DE

des tiges scintillait à travers un long verre et quelques fleurs tombées du bouquet faisaient « écho, au bas, à la masse principale ». Le tout, le peintre l'avouait, était «très cherché et traité, dessin et couleur, par un pinceau qui doit trouver que la diurne représentation d'une fleur vaut bien celle d'une rotule ou d'un nez académique ». Ainsi que l'écrivait M. Laurent Pichat, « cet ensemble avait une âme, une pensée s'en dégageait, un parfum s'en exhalait... C'était le symbole d'un esprit sage, d'une intelligence qui se cache, d'une discrétion orgueilleuse. » M. Laurent Pichat connaissait bien son auteur.

On est moins renseigné sur 1rs œuvres qui marquèrent, en 1870, la participation de Jules Laurens à la section de peinture du Salon parisien. Elles avaient pour titre : Une rue de Taiiris (Pers;e) et Entre Versailles et Chevreuse.

Par contre, celles de 1872 ont attiré davantage l'attention. C'était la Mosquée bleue à Tauris et les Jardins abandonnés d'Aschreff (Perse). La première est conservée au Musée de Montpellier. Elle fut ainsi décrite par un critique anonyme et enthousiaste : » Entrevue de loin dans la salle où elle est placée, la Mosquée de Tnuris apparaît comme un joyau d'azur doublé de satin rose tombé dans la neige. Si on l'approche, on voit se dresser les lignes altières d'une façade où s'ouvre un élégant et haut portique. Le temps a respecté, d'une façon relative, cette partie antérieure de l'édifice, qui étale encore, à peine écaillée, sa peinture rehaussée de filets d'or ; mais à mesure que le regard gagne les croupes et les faces latérales du bâtiment ruiné, l'enduit d'azur que les murailles laissent choir par larges plaques devient de plus en plus rare et l'œil attristé le cherche en vain sous la succession de voûtes profondes et d'arceaux en briques rouges qui s'écroulent et s'émiettent en décombres. Quelques voyageurs sont arrêtés près du portique. L'un d'eux est sans doute M. Laurens. Ne s'est-il pas cru le jouet d'un mirage, en apercevant de loin la mosquée d'azur au milieu des neiges? Une pareille construction en effet réveille dans le souvenir ces fantastiques palais bâtis par les génies de?, contes orientaux et notre imagination ne les conçoit guère

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