TABLEAUX AUX SALONS DE 1876 ET
une hardiesse de pinceau dignes des plus grands éloges. La distribution de la lumière est excellente, et on remarquera en particulier la justesse de la perspective au premier plan. »
Ce paysage n'avait pas d'arbres, il confinait, selon l'expression d'un autre critique, au pays des morts. Tout y était désolé : c'était là qu'on aurait choisi « l'emplacement consacré au repos sans trêve ni rêve de la fin commune ». Mais, par contre, la lumière y était bien vivante, elle se répartissait jusque dans les arrière-plans avec une ténuité et une finesse qui illuminait jusqu'aux lointains les plus extrêmes. L'air y était chaud et faisait chanter les couleurs arides de cet entassement de montagnes. C'était d'ane telle sincérité qu'Edmond About en prenait encore occasion de rapprocher l'orientalisme de Jules Laurens de celui de Fromentin, de Ziem et d'Alfred de Curzon.
Les Frontières du Korassan et de V Astérabad figurèrent encore à l'Exposition universelle de 1878 : elles y furent achetées par la Commission chargée de choisir des œuvres d'art pour la loterie nationale. Où le hasard les a-t-il envoyées? Il est difficile de le savoir.
Au Salon de 1876, elles étaient accompagnées d'un deuxième tableau : Lavandières auvergnates frappant leur linge de leurs bras robustes. Il a moins retenu l'attention du pubhc et des critiques.
Des deux toiles de 1877, celle des Chrysanthèmes, rouges et blancs, se fanantmélancoliquement dans un verre bleu, plut par le sentiment poétique. Mais elle attira encore moins les yeux (.{n'Une des portes d'Uscoup en Asie mineure. Cette porte en ruines était elle-même « des plus élémentaires », déclarait M. Jules Troubat, rendant compte dans la République du midi des œuvres exécutées par les artistes du" Languedoc; «on dirait qu'on s'est contenté, pour la construire, de poser trois pierres, dont deux verticales, l'autre horizontale». Mais elle s'encadrait dans de beaux arbres, derrière lesquels coupoles et minarets élevaient leurs murailles blanchies; mais elle était sous un ciel pur et léger, d'une profondeur infinie, dont le soleil déversait une vive lumière. Et puis, les habitants de la ville voisine animaient pittoresquement la scène par leurs allées et venues;