‹ Jules LaurensChapitre 182 sur 230 · UNE RUE DE PERSE », TABLEAU DE · texte numérisé non relu

UNE RUE DE PERSE », TABLEAU DE

là aussi, insister sur le caractère archéologique de son œuvre et n'avait négligé aucun des détails caractéristiques des murailles de Tauris, dont les tremblements de terre avaient augmenté l'aspect pittoresque. « Quoiqu'elles ne datent guère que d'un couple de siècles, avait-il écrit lorsque trois ans auparavant il en avait publié le dessin, elles rappellent à première vue l'architectonique de Ninive et de Babylone. Le soubassement, en pierres, est surmonté d'un corps d'édifice en terre battue, dite pisé, ou en briques séchées seulement au soleil, les arêtes et les bordures étant en briques cuites au four; le sommet est dentelé de créneaux à profil pentagone et garni de mâchicoulis ou meurtrières à capuchons triangulaires... Les portes et les nombreuses tours rondes sont décorées d'un revêtement partiel, en frises ou bandeaux, d'ornements en briques émaillées et polychromes. Les feux du couchant font de cette décoration une sorte d'écrin de pierreries multicolores scintillantes... »

L'année suivante, ce fut Une rue de Perse et Le fond du ravin à Artemare, qui constituèrent l'envoi de Jules Laurens. Charles Clément n'eut qu'un mot pour caractériser le premier tableau, mais combien précieux! Obligé de se borner à une brève mention, il le caractérisa ainsi : « Une rue de Perse... où l'excellent dessinateur a reproduit avec tant de force le caractère frappant d'un motif très pittoresque». Avec son ciel bleu, ses coupoles bleues, ses murs blanchis resplendissant au soleil, ses portes bariolées s'ouvrant dans la poussière, ce coin do la ville de Tauris (car le motif était encore emprunté à Tauris) avait un aspect qui surprenait tout d'abord. Aussi, Laurent Pichat, qui ne manquait pas chaque année de communiquer ses impressions à ses compatriotes de la Loire et de citer parmi les œuvres remarquables du Salon celles de notre artiste, ne se fit pas faute de signaler encore une fois la parfaite exactitude du peintre. « Vous voyez ce petit Persan, écrivait-il? Je suis certain qu'il était dans la rue à l'heure où M. Jules Laurens a exécuté cette toile. C'est de la Perse et de la vérité... Ce qu'il a peint, il l'a vu; il n'a ni modifié son motif, ni interprété, ni embelli. Il a voyagé et regardé, et ses tableaux sans eiïets recherchés... empruntent leur saveur à des détails étudiés

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