‹ Jules LaurensChapitre 183 sur 230 · LE FOND DU RAVIN A ARTEMARE · texte numérisé non relu

LE FOND DU RAVIN A ARTEMARE

de près et que le peintre de chic n'oserait ni deviner ni utiliser. Ces femmes voilées qui causent aux portes ont des airs familiers que les orientalistes n'oseraient point traduire; elles bavardent comme des commères; cette exactitude de M. Jules Laurens est une audace. Cet ânon que vous voyez là est né à Chiraz; il ne vient pas de Montmorency, je puis vous l'affirmer. Les maisons mêlent le gris et le rose dans les ornements qui les décorent et sur les dômes bleus qui percent le ciel passent et repassent des colombes blanches. » En somme, c'est le commentaire des phrases précises qu'Edmond About avait consacrées à Jules Laurens.

Comme le peintre l'écrivit lui-même, Le fond du ravin à Artemare rafraîchissait de l'insolation du paysage persan. Rien de plus séduisant et de plus reposant, en effet, que « ce grand nid de solitude et de fraîcheur, fait de rochers sous les arbres vivaces au milieu des eaux en cascades, qu'un poète envierait aux oiseaux! » Au fond, un pont, sur le rebord duquel se penche un passant; au bas, au premier plan, des colombes venant boire l'eau de cristal, qui ghsse le long des blocs moussus. La lumière frise les hauteurs, tout le bas appartient à l'ombre.

Emmanuel Ducros, qui publiait ses appréciations versifiées sous le titre à' Une Cigale au Salon, fit sur ce Fond du ravin une poésie assez médiocre; les trois sixtains en furent mis en musique par Jules Laurens lui-même et édités, avec accompagnement pour piano, sous une couverture qu'il avait lithographiée . Ne semblerait-il pas que l'artiste ait, en cette occasion, tenté de rivaliser avec son frère Bonaventure, auteur de V Album des dames'} Après avoir certainement exécuté un dessin très poussé du site, il l'avait interprété ensuite par la peinture, la lithographie et la musique. Le cycle était complet. Mais à la musique sur de^; vers puérils dans le genre de ceux-ci :

On éprouve un charme divin

Au ravin Plein d'un aspect de solitude...

A deux qu'on serait bien assis,

Sans soucis, Lorsque partout la sève pousse...

Pi <

rr -a

ai G

Page 1