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OBSERVATIONS SUR LA MUSIQUE PERSANE

Pierné, le violoncelliste Lasserre, Fauré, Bourgault-Ducoudray? Faut-il rappeler ses séances musicales avec le prince Poniatowski chez le comte de Sartiges, revenu de Perse à Paris, avec Fortuny en l'hôtel de Charles Davillier, avec Ingres lui-même chez Hippolyte Flandrin?

A propos d'Ingres et des discussions qu'il avait avec lui, Jules Laurens aimait à rappeler l'effarement où il le jeta, vers 1860, en lui faisant part de ses impressions sur la musique persane. Celle-ci est basée sur des règles absolument différentes de la nôtre, mais elle a quand même une valeur d'art incontestable, avec ses rythmes propres et ses mélodies à elle. Comme Jules Laurens déclarait qu'elle comportait une réelle beauté, qu'elle produisait des effets d'émotion et de charme auxquels il avait été très sensible : « Mais alors, s'écria Ingres suffoqué, que deviennent donc Mozart et Beethoven? Est-ce qu'ils se trompent? Nous trompent-ils? »

Les notations d'airs qu'il avait relevés, les observations et les réflexions qu'il avait faites en Perse, plurent au contraire à un autre de ses interlocuteurs, Bourgault-Ducoudray, professeur au Conservatoire. C'est Bourgault-Ducoudray qui écrivait à Jules Laurens la lettre que celui-ci a pubhée par deux fois (1) sans en nommer l'auteur, et qu'il faut encore donner ici. Elle est daté'^ du 27 juillet 1890.

« Cher Monsieur et ami,

» J'ai à vous remercier de votre lettre affectueuse et des renseignements très précieux qu'elle contient. Je vous suis fort reconnaissant de m'avoir indiqué plusieurs personnes, par l'intermédiaire desquelles je pourrai me procurer des airs populaires persans.

» Votre impression personnelle à l'audition de la musique populaire persane m'a vivement intéressé. Ce que vous me dîtes m'a confirmé

(1) D'abord en 1890, en variété, dans la Chronique de Vaucluse, puis en 1899, dans Une vie artistique. Laurens {J ean-J ose'ph Bonaventure), p. 525. L'original est à la Bibliothèque de Carpentras.

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