‹ Jules LaurensChapitre 199 sur 230 · NANETTE », NOUVELLE LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

NANETTE », NOUVELLE LITTÉRAIRE

l'atelier de Cabanel, au mois d'octobre 1860 : il semble cependant que c'est lui-même qui en était le héros. D'ailleurs, la scène se passait à Tauves, le soir d'un départ. Assurément, trop de réflexions philosophiques, trop de longueurs alourdissent le récit, mais que de choses charmantes, que de jolis tableaux se présentent! En voici un :

« Les lavandières qui, au bas du pont en bois et visitées des bergeronnettes, babillaient et chantaient avec des trilles et des points d'orgue de rires; le petit gars du mouhn qui, placidement, avec son âne surchargé de blé ou de farine, montait, descendait, remontait le chemin en lacet ; le médecin sur son cheval, qui coupait sommairement à travers les guérets; le facteur postal, le curé, toutes gens avec lesquels s'échangeaient d'office familier un salut, un mot de connaissance, n'ont rien vu, rien su... de la morne prostration intérieure qui absorbait... en moi toute autre sensation. Vainement, de midi au soir, le plus brillant et le plus caressant soleil de septembre m'inonde sans me pénétrer; et je rentrais, vers l'heure passée du couchant, les jambes à la fois lourdes comme plomb et faibles comme roseau ; respirant avec un trouble inconscient touchant à l'ivresse les acres émanations des prés; cueillant aux flancs des talus demi-rocheux qu'avait lustrés une soudaine ondée, quelque brindille de ronce, de lierre ou de blé noir; regardant évoluer l'innombrable troupe de pies, qui, avec d'étourdissantes jacasseries, se réfugiaient pour la couchée dans la haute futaie d'érables et d'ormes groupés avec la maison de mes hôtes... »

D'autres régions fournirent à Jules Laurens la matière de nouvelles publications. Je les énumérerai sommairement pour ne pas allonger démesurément ce chapitre.

Ce fut tout d'abord Une promenade de huit heures dans les montagnes de Baumes et de la Fare (Vaucluse), qu'il donna au Conciliateur de Vaucluse, le 24 décembre 1856. Dans le même journal parut en 1861

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