A PALESTRINA « NOUVELLE LITTERAIRE
sa résidence : en 1881, c'était La maison de Fléchier à Pernes; en 1882, Venasgiie, avec la vue des tours, du village hardiment campé sur l'éperon d'une colline et au premier plan la plaine voisine de Garpentras; er^ 1883, la Porte Notre-Dame de Pernes ; en 1889, A Vaison. Son théâtre romain et la statue du Diadumène. Il écrivait aussi sur la fm de sa vie la préface d'un Guide pour le Mont-Ventoux.
Deux nouvelles, d'un caractère beaucoup plus littéraire, sont dues à des observations faites en Italie ou dans le midi de la France : A Palestrina Qi Les Rétameurs. Toutes les deux ont été publiées en mars 1891, dans La Chronique de Vauchise, juste avant iVa^ef^e. Elles ont été reprises avec quelques modifications dans la Légende des ateliers, ce qui prouve combien Jules Laurens y tenait.
La première aurait été racontée par le sculpteur Drouet et aurait pu avoir comme sous-titre : Le corset et les filles de la Capellara. La Capellara était l'hôtesse de Valhergo délia Biscia. Vêtue d'un « accoutrement bizarre, composé d'un jupon vert émeraude râpé, d'un chemise de drap rouge, plus qu'étrange sous le climat de ce pays », elle avait le buste encerclé dans un corset vraiment épique. Il ressemblait « plutôt au bât d'un âne qu'à un corset de femme. Placé par dessus l'épaisse chemise de drap rouge, il comprimait, cerclait, boulonnait, bUndait, verrouillait fortement la partie du corps à lui confiée... Ce n'est pas une modiste corsetière, mais bien le bourrelier, le menuisier et le forgeron de la localité qu'il semblait qu'on avait appelés pour collaborer à sa rude confection. Le cuir, le bois et le métal figuraient en effet (je m'en assurai) dans les matières premières de cet ouvrage homérique. » Composé de barrettes de fer remplaçant les baleines, de carton, de crin, de toile d'emballage, defîl de laiton et d'échardes de bois, recouvert d'une antique étofîe de soie et de laine, décoré d'un cœur de Marie transpercé en argent, il pouvait être considéré « comme un ouvrage de fortification, muni d'armes défensives et offensives ». Ajoutons à cela de multiples médailles et amulettes et l'on aura l'idée du costume de cette auguste matrone. En outre, ses cheveux