CHAPITRE III
Jules Laurens a Paris : Ses études a l'École des Beaux-Arts ET dans l'atelier DE Paul Delaroche.
L fallait entendre M. Jules Laurens raconter lui-même, non pas son arrivée à Paris, mais sa première entrevue avec le monde des artistes parisiens. C'était à Barbizon. Le futur paysagiste n'avait pu se tenir en effet de venir admirer la forêt de Fontainebleau, dont bien des fois il avait entendu célébrer les merveilles pittoresques : séduit par la longue et large allée entre deux murailles épaisses d'arbres de haute futaie que Français a célébrée dans un de ses tableaux, par les grands sous-bois et les fourrés du Bas-Bréau, par les terrains sablonneux du Franchart avec au milieu le chêne dit le Rageur, « moitié squelette, tordant et étirant ses membres en tous sens », par les gorges d'Apremont, « aux collines semées de blocs de grès dentelant leur silhouette ou déboulant sur leur flanc », il était venu y commencer la série d'études qu'il continua pendant près de 'quarante ans. Il était logé et prenait ses repas dans la fameuse auberge Ganne, où fréquentaient actuellement les peintres Français, Célestin Nanteuil* Diaz, Eugène Cicéri et Harpignies.
Or, le lendemain de son arrivée, il se trouva à table avec « le trio ultra parisien de deux hommes et d'une femme dans tout l'éclat de la jeunesse et de la beauté. On n'eût su lequel des trois se montrait le plus expansivement heureux de vivre. » Questionné amicalement, dit Jules Laurens, par celui des deux Parisiens paraissant jouir de la plus grande autorité, je dis venir de Montpellier, connaître beaucoup le peintre-décorateur de cette ville, Baudouin, et apporter une lettre de recommandation de lui auprès d'Eugène Cicéri.