ARTICLE ET NOTES SUR GUSTAVE DORÉ
lyrique et priidhommien, calculateur et prodigue, élégiaque et cynique, naïf et méphistophélique, viveur et rêveur, plantureux et usé, réactionnair-/ et libéral, désespéré et jovial, affectueux et misanthrope, gavroche et gentleman, serviable et envieux, personnel et brave camarade, excentrique et raisonné, orgueilleux et découragé, etc. Voilà, si l'on en peut tenter l'analyse et la synthèse, ce qui ressortira... des fragments suivants recueillis de la bouche même de Doré et de la connaissance intime de ses productions et de sa vie. »
Les anecdotes pittoresques abondent naturellement : Jules Laurens estimait en efïet qu'elles jetaient des éclats de lumière sur tel côté de la physionomie d'un individu, sur telle modahté du caractère. Il en a intercalé quelques-unes dans sa Légende des ateliers. En voici d'autres, qui donneront un aperçu de sa documentation.
« Sa mère fouillait tout sur l'immense table d'ateUer, cherchant une lettre de Richard Wagner reçue la veille. « Qu'est-ce que tu peux bien « vouloir de cette lettre? — Mais, îa garder, ne fût-ce que comme auto- « graphe. — Des autographes! Je n'y tiens pas, moi. Si j'y tenais, je « m'en ferais! »
« Il s'amusait plus que de permission, en y mettant du reste parfois un intérêt d'étude, au spectacle d'effets de physionomie et de pantomime causés par des sensations extrêmes, provoquées in anima vili avec des espiègleries de gavroche allant jusqu'à la perversité, comme de poser clandestinement sur votre main un cigare allumé, d'ôter une chaise de dessous vous, de laisser choir un tableau du chevalet ou un flambeau allumé dans un piano, de ghsser du haut d'un escalier sur la rampe. Douleur, ridicule, effroi, danger, tout cela pour lui têtes et tableaux. »
« Il disait: «Pour la véritable ressemblance d'un portrait, il ne faut « pas faire poser le modèle. Si vous ne pouvez pas faire autrement, en « le saisissant hbrement vous-même dans toute sa liberté de physionomie « et d'allure, sinon de mémoire, vous ne l'obtiendrez pas. » Paradoxe pour les autres. Il le soutint pour son compte, en peignant ainsi très étonnamment, les portraits de son père, de Philipon, de Rossini, de sa