‹ Jules LaurensChapitre 218 sur 230 · PUBLICATIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

PUBLICATIONS DIVERSES

Ingriana ne vit pas le jour dans L'Artiste. Le manuscrit fut retourné à Jules Laurens, qui le déposa en la Bibliothèque de Garpentras, quitte à y puiser de nouveau lorsqu'il prépara sa Légende des Ateliers. « Malgré tout, lui écrivait M. É. Durand en guise de consolation, vos Ingriana n'en seront pas moins intéressants, mieux que cela utiles, ayant fixé pour toujours des souvenirs, qui, sans vous, auraient disparu. Dans cent ans on vous consultera sur Ingres; vous serez un de ces hommes indispensables que l'on appelle en témoignage. »

Vers la fm de l'année 1891, il avait fait aussi une publication dont je n'ai pu relever trace ; mais, à lire les lignes que lui adressa son ami Georges Brillouin, le l^r janvier 1892, après en avoir pris connaissance, on se met à regretter de ne plus l'avoir sous les yeux. Voici cette lettre; peut-être fera-t-elle découvrir l'œuvre en question, article de journal ou de revue; en tout cas, elle en révélera le caractère :

« Bravo, mon cher Laurens, Schopenhauer et sa « docte séquelle » trouvent à qui parler. Il y a plaisir à entendre une voix française répondre à l'esprit allemand, gourmé, morose et nébuleux, et lui crier à travers le Rhin qu'il fait bon vivre sous le ciel de la Provence, sous le ciel de la France, apporter à son pessimisme philosophique et pédantesque la protestation en action de notre optimisme, vivant, confiant, croyant, agissant, aspirant par tous ses sens et toutes les facultés de son esprit les éléments de joie, de jouissances, de sentiments et de sensations qui font vibrer notre âme française, nos fibres françaises, nos espérances françaises, et dans sa compréhension largement ouverte n'excluant du domaine de notre avoir idéal pas même les produits et les œuvres allemands, lorsqu'il les juge bons et bonnes à nous régaler et à nous émouvoir : la choucroute et Lohengrin, sans faire tort toutefois au céleri blond, aux grappes de nos coteaux sucrées au soleil de France, à Aida et même à l'antique et toujours jeune Chalet, que j'ai réentendu, ravi, l'avantveille de l'incendie Favart... » La phrase est un peu longue, mais si vivante !

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