A ATHÈNES ET SMYRNE
de Saint-Pierre, dont il était fort loin de toucher la voûte. Il y a eu un moment, où, sous l'influence de la musique, des cérémonies religieuses, du bruit et de la fumée, ce temple m'a paru un rêve de ma fantaisie, tant la réalité en est incroyable...» Et plus loin : « J'ai pu, avec un billet de faveur, visiter les appartements du Quirinal, où les cardinaux sont entrés en loges pour concourir au grand pape de Rome. Il est assez piquant de se promener et respirer librement dans toutes ces cellules, où commençait le lendemain le plus terrible drame d'ambition qui se puisse : un cardinal qui rêve la tiare! Ce cauchemar dure souvent des mois. »
Sur l'appel de M. Hommaire de Hell, il fallut, hélas! vers le milieu de juin, s'arracher à tout cela. Après le dîner d'adieu que les derniers venus des pensionnaires de l'École française offrirent au voyageur à la trattoria del Falcone, « mitoyenne, s'il vous plaît, avec le mur des Thermes formant abside au Panthéon », il fallut gagner Naples en toute hâte et s'embarquer.
L'escale à Malte fut de très courte durée, mais quelle joie d'approcher du Pirée, quelle émotion lorsque « du pont silencieux, presque désert d'un navire voguant sur les flots les plus cléments et dans la plus limpide lumière aurorale », apparurent « progressivement en silhouette découpée sur le ciel, d'abord le fronton, puis la colonnade du Parthénon athénien, enfin le piédestal de son roc acropolitain ! » Quelques heures plus tard, il était sur ce roc, « foulant, autour de la plus auguste des ruines, le sol éblouissant de débris do marbre ». Des échafaudages se dressaient contre les murs latéraux du temple»; il y monta et put «palper d'une main tremblante d'émotion et scruter d'un œil avide le suprême idéal grec! »
C'est en arrivant à Smyrne qu'il prit contact avec l'Orient turc : « bateliers en chemises lamées de soie et fez rouges, forteresses blanchies à la chaux, bois de cyprès des cimetières, minarets et coupoles des mos-