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LA PERSE ORIENTALE

l'artiste esquissait le portrait, qui existe encore dans son portefeuille. Il a été reproduit dans l'atlas du Voyage en Turquie et en Perse.

La Perse orientale, d'un caractère différent, n'offrit pas moins de sujets pittoresques, avec, de nouveau, des montagnes, des ravins « d'un grandissime style », et surtout le grand désert du Khorassan à Semnam. Cette dernière cité, « immense de ruines », avec les grandes lignes de ses murs, son infinité de coupoles, son minaret arabe, ses clochetons en briques coloriées, ses tours à vent, rappelle « la patrie artistique de Decamps et Marilhat ». Cependant c'est encore Laskirt, qui « présente le débris le plus complet des nombreuses cités, dont les ruines grandioses, quoique en terre et briques, couvrent le sol. Suppose, disait Jules Laurens à son frère Bonaventure, une construction en pisé, de la forme et de l'élévation des Arènes de Nimes à peu près, et couverte de deux étages extérieurs et de gradins intérieurs de maisons. Aujourd'hui le temps a donné à ces masses babéliques toutes les conditions d'aspect du plus sauvage rocher... Ce qui est renfermé là de décombres, d'immondices, de haillons et de cris n'a de description possible qu'avec la plume qui a tracé en style d'eauforte le merveilleux chapitre de la Cour des miracles. » Pendant qu'il y dessinait, Jules Laurens fut entouré d'un groupe de femmes, scrupuleusement voilées du reste, qui lui présentèrent avec les manières les plus gracieuses des prunes vertes et de gros morceaux de glace. Était-ce là, se demandait-il, un symbole d'hospitalité?

En dernier lieu, les explorateurs s'arrêtèrent à Veramin, « monde de mosquées, de châteaux-forts et de murailles, couché en partie sous le choc de la charrue, comme dit le Prophète». La grande mosquée du XIV'i'^® siècle qui s'y voit, « assez bien conservée dans certaines parties, est un prodige d'ornementation et passe du reste sous ce rapport pour le plus bel échantillon de toute la Perse ». Convaincu qu'il y aurait un réel service à rendre à l'histoire de l'art, en consacrant plusieurs mois à un grand ouvrage spécial sur un tel monument, bien qu'il fût dépouillé à peu près complètement de son placage extérieur de faïences émaillées, Jules Laurens s'étudia à en reproduire les formes architecturales et de nombreux détails d'ornementation.

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