RETOUR AU PAYS NATAL
dessins et d'aquarelles. C'était le dernier adieu à l'Orient, où il avait vécu des heures à la fois si tragiques et si agréables.
Quand il se décida à monter sur VOsiris, il dut, avec un gros serrement de cœur, abandonner le projet si longuement caressé de repasser par Rome et d'y reprendre les études d'art si passionnantes qu'il y avait commencées. Il ne lui fut donné que de faire escale à Smyrne et à Malte, avant d'aborder Marseille. C'était le 25 juin. Trois jours de quarantaine encore et enfin le voici foulant le sol de la mère-patrie avec une allégresse toute juvénile.
Il avait bien mérité le repos de corps et d'esprit, qu'il s'autorisa à prendre à Montpellier et Carpentras jusqu'au 18 octobre suivant. Avant de reprendre ses travaux et de se lancer à nouveau dans l'activité de l'existence parisienne, il avait besoin de classer ses idées, de se retrouver lui-même dans l'atmosphère familiale et dans le pays natal, de retremper son énergie et de s'habituer à une discipline d'art plus sévère que sa vie errante ne l'avait toléré ces dernières années. Il avait aussi besoin de reprendre peu à peu le contact avec le monde où il avait déjà vécu et où il était rappelé; il ne l'avait pourtant jamais complètement perdu, mais l'éloignement avait là aussi produit quelques-uns de ses effets.
Restauré complètement de corps et d'esprit, il se dirigea enfin sur Paris. Il y rapportait, nous le savons, un bagage artistique des plus précieux et des plus lourds.
A Téhéran, il avait été averti que son retour et le transport de tout le bagage de la mission devaient s'effectuer à ses propres frais; il aurait à s'en faire indemniser plus tard. Certes l'argent qu'il avait gagné avec ses crayons, en exécutant les portraits de tel ou tel personnage lui avait permis de faire une avance de fonds qu'avaient réduite les facilités rencontrées auprès des agents diplomatiques des diverses nations, mais déjà il doutait d'en être jamais remboursé. Les péripéties de son expédition ne lui avaient guère laissé d'illusions et il savait (c'était le fruit de son expérience) qu'il n'aurait guère à compter que sur lui-même.
Efîectivement ses craintes se réalisèrent. Non seulement il ne rentra