‹ Jules LaurensChapitre 69 sur 230 · SÉJOURS EN PROVENCE ET EN AUVERGNE · texte numérisé non relu

SÉJOURS EN PROVENCE ET EN AUVERGNE

« C'est maintenant que notre île vaudrait la visite d'un poète comme vous, La voilà charmante et superbe, un bouquet de fleurs dans un nuage d'écume. »

Ces différents voyages de Jules Laurens constituaient presque des extras. Lorsqu'il se voyait devant lui quelques jours de liberté, il courait à Barbizon et Marlotte, dans sa chère forêt de Fontainebleau, où il était sûr de rencontrer toujours des amis tels que Cicéri ou Bellel. Quand il avait plus de temps, il fuyait jusqu'en Provence. Mieux encore que partout, il se sentait là chez lui, en pleine intelligence des hommes et des choses. Mais très souvent, il y vint par le chemin des écoliers, accroché par la beauté des paysages entrevus le long de sa route. Il ne put ainsi se tenir de faire de nombreuses études dans le Dauphiné et de s'approcher des Alpes, dont les vallées ombreuses et verdoyantes tentaient ses crayons.

D'autre part, pendant plusieurs étés, il se laissa entraîner en Auvergne par un de ses meilleurs amis Alexandre Guillaume, « le grand Esthétiqueur », chef de division au Ministère du commerce. Il s'installait à Tauves, dans le village natal de Guillaume, et de là rayonnait dans tout le pays, esquissant les aspects les plus merveilleux d'une région pittoresque à souhait, dessinant paysans et paysannes. C'était, comme il l'écrivait à Bruyas, le 23 octobre 1860, une véritable fête que ces séjours au cœur des arbres, des rochers et des nuages. L'Auvergne lui procura ainsi de très nombreux sujets d'études. Il apporta d'ailleurs à leur exécution un soin particulier, qui montre combien il sentait le charme de ce pays, avec quelle curiosité il s'intéressait à ses habitants. Aussi considérait-il avec une satisfaction et une fierté légitimes la série de dessins qui furent les produits de ses campagnes : on le devine dans cette préoccupation qu'il eut de ne pas la disperser et d'en assurer la conservation presque intégrale par son dépôt au Musée de la ville de Clermont-Ferrand. Elle lui avait servi auparavant

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