‹ Jules LaurensChapitre 72 sur 230 · ATELIER DE LA RUE VISCOXTI · texte numérisé non relu

ATELIER DE LA RUE VISCOXTI

paysans d'Auvergne et de la Drôme, forêts chenues des environs de Paris, chênes-verts et ohviers du Comtat, steppes arides de la Perse, landes brûlées du midi de la France, campagne romaine, cités italiques remplies de merveilles d'art, lagunes et rochers plongeant dans la mer, mosquées et éghses, surtout les églises italiennes, si hospitalières « fraîches, chaudes, instructives, émouvantes, silencieuses, lumineuses, musicales, musées de tous les arts, pleines d'histoire, de légende et de souvenirs ». Tout cela a nourri sa vie et ses émotions d'ai'tiste,tout cela, avec bien autres choses encore, a fourni ample matière à ses études, à ses méditations et à ses travaux.

L'atelier où il rapportait, avec la joie du conquérant, le butin qu'il avait amassé, était le laboratoire où son œuvre prenait la forme définitive et immuable qu'il lui voulait. Les esquisses, pochades, dessins et aquarelles d'après nature n'étaient pour lui que des documents, qu'il avait à condenser et harmoniser, nous verrons comment. C'était donc à l'atelier que devait s'effectuer une partie des plus importantes de son labeur.

Il s'était installé d'abord en la rue Visconti, puis dans la rue Bonaparte, avant de prendre logement et atelier, lors de son mariage, au 128 bis de la rue d'Assas. La rue Visconti était alors un « boyau étroit, irrégulier, sombre, humide, tristissime », et c'était « au fond d'une arrière-cour puisarde » que se trouvait l'atelier « improvisé , se délabrant à vue d'œil, d'atmosphère macabre sous un jour avare et Hvide ». Et pourtant, Jules Laurens se rappelait avec une certaine satisfaction qu'il avait reçu dans cette pièce incommode, inélégante et d'accès si peu engageant, « Robert- Fleury, les deux Flandrin, Diaz, Cabat, Edouard Bertin, Castil-Blaze, d'Ortigue, Étex, Alexandre Desgoffes, Raiïet, Dauzats, les princes Soltikoff et Gagarine, Théophile Gautier, Louis Boulanger, de Tournemine^ les frères Benouville, Eugène Cicéri et Eugène Isabey, le comte Léon de Laborde, Cabanel, Perraud, Eugène Guillaume, Charton, Gustave Doré,

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