‹ Jules LaurensChapitre 73 sur 230 · PREMIÈRES RELATIONS AVEC HENNER · texte numérisé non relu

PREMIÈRES RELATIONS AVEC HENNER

Gouvy, Stéphen Heller, Mouilleron, Bellel, les deux Andrieux (Auguste et Pierre), les deux Didier (Jules et Adrien), Pasini, le ministre Bourée, ' le colonel Duliousset, le vicomte de Matharel, le baron Davillier, Chauvel, Chodzko, Auguste Barbier, Prosper Mérimée, Prisse d'Avennes, Laurent Pichat, Charles Debureau, Tchihatchefî, Mesdames Hommaire de Hell, Colombari, Blanchecotte, et qui donc encore?» Thiers lui-même y venait fréquemment, pour l'entretenir de ses projets et lui demander de l'accompagner aux expositions d'art comme un guide aux appréciations raisonnées. Peintre, dessinateur, lithographe, musicien, passionné de littérature, il savait retenir et conquérir l'estime d'une é\i\s ayant les mêmes goûts.

Dans cet atelier de la rue Visconti il prodiguait les conseils à un jeune artiste qui devait conquérir une renommée justifiée et éclipser le modeste Jules Laurens : J.-J. Henner. L'un et l'autre se connurent vers 1850, alors que le jeune Alsacien, à peu près sans ressources pécuniaires, poursuivait péniblement ses études à Paris : grâce à un moyen très simple, bien personnel, Jules Laurens se l'attacha par des liens d'amitié qui ne se rompirent jamais. Il lui avait tout simplement passé la commande, fort bien rémunérée, d'une copie de portrait qu'il n'avait pas le temps d'exécuter. Il est bon de rappeler ici que c'est sur les instances de Jules Laurens qu'Henner se décida, en 1858, à affronter, pour le prix de Rome, le concours de l'École des Beaux-Arts où il devait triompher. Ici encore une anecdote qu'Henner lui-même aimait à rappeler.

Le président du jury qui avait à juger le concours était Hippolyte Flandrin. Laurens connaissait Flandrin, on peut dire, intimement et il en était extrêmement apprécié. Or, la veille du jugement, Henner arriva désespéré dans l'atelier de son ami : Hippolyte Flandrin était malade et ne pourrait venir assister à la déhbération du jury. La désolation du jeune homme était si navrante que Jules Laurens partit immédiatement chez Flandrin; il plaida si chaleureusement la cause d'Henner, il vanta si bien la. valeur de son œuvre et exposa avec tant d'émotion son chagrin, qu'il emporta la promesse que l'illustre peintre ne manquerait pas la séance du lendemain, dût-il s'y faire porter. L'engagement fut

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