‹ Jules LaurensChapitre 74 sur 230 · CORDIALITÉ DES RELATIONS AVEC HEN>"ER · texte numérisé non relu

CORDIALITÉ DES RELATIONS AVEC HEN>"ER

tenu, et comme Flandrin était lui-même convaincu de l'excellence du talent d'Henner, il parla éloquemment en sa faveur et lui fit attribuer le prix.

Le lauréat s'était donc pris d'une véritable affection pour Jules Laurens qui la lui rendait d'ailleurs en admiration pour ses toiles. Chargé d'honneurs et de gloire, Henner se plaisait à penser « aux temps d'autrefois, quand j'allais, disait-il, timidement, presque en tremblant, chez vous. C'est pour cela, ajoutait-il, que je vous appelle M. Laurens, comme j'appelle toujours M. Gautzwiller. » Et encore : « Je vois quelquefois votre jeune artiste qui vient me montrer ses figures dessinées comme je venais autrefois timidement vous montrer les miennes. Vous souvenezvous ? » Citons enfin ce dernier fragment de lettre : « Je pense à vous, non seulement tous les jours, mais je peux le dire, toujours, dans toutes les circonstances de la vie. Vous avez été toujours si bon pour moi que vous êtes à tout ce que je suis et que je fais, de sorte que qui que ce soit vient en votre nom peut être sûr d'être le bienvenu chez moi. »

Même à l'époque où il avait obtenu tous les succès qu'il pouvait rêver, c'est à Jules Laurens qu'il demandait le plus souvent un conseil et une appréciation sur ses œuvres, c'est à lui qu'il confiait ses désespoirs d'artiste : « Je pense bien à vous, lui écrivait-il, je pourrai dire à chaque instant, au temps passé, aux choses si intéressantes que vous me disiez dans nos causeries artistiques. J'ai toujours le même rêve sans jamais le réaliser, faire un beau morceau de peinture, une joue, un menton, une attache de cou. Vous voyez, je ne suis pas ambitieux, je ne cherche pas de drames ou des sujets extraordinaires, et je n'arrive à rien. Quelquefois, je me demande comment on a pu me nommer membre de l'Institut. Il m'arrive de croire quelquefois que j'ai presque réussi un bout et le lendemain c'est à regratter. Voilà où j'en suis toujours...» Je reviendrai à plusieurs reprises sur des relations si honorables pour l'un comme pour l'autre.

Les désagréments de la rue Visconti obligèrent bientôt Jules Laurens à émigrer dans un quartier plus clair et plus sain : ce fut, ai-je déjà dit,

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