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SOLLICITUDE DE J. LAURENS POUR SES ÉLEVÉS

publique où l'œuvre de Didier est fort remarquée, le jury entre en séance Je dis à Didier, moins anxieux que moi... : « Comment! Vous n'allez pas «attendre le résultat du jugement? » Il se décide à peine... [et] je viens me hisser à la fenêtre-vasistas pour le suivre des yeux tandis qu'il traverse la cour de l'École... Le voici [qui réapparaît], marchant d'un pas de séminariste après la messe. Le cœur me battait à tout rompre. « Eh «bien? » criai-je. Il fait un geste vague et je crois entendre : « Ça y est.» Je m'élance sur l'escalier à sa rencontre. « Oui, ça y est, répète-t-il. — «Ça, quoi donc ça? balbutiai-je d'une voix étranglée. — On m'a décerné «le prix». Nous tombons dans les bras l'un de l'autre et la scène se complète officiellement avec Hippolyte Flandrin, monté pour féliciter l'élève et le maître et adresser un speech laconique mais des plus substantiels. »

Quarante ans après, Jules Didier pouvait encore écrire à Jules Laurens : « Plus s'éloigne le temps où nous vivions côte à côte, plus je sens le prix de votre bonne amitié qui m'a été si utile, vos excellents conseils artistiques qui m'ont ouvert l'esprit et le cœur, je puis le dire, aux beautés de l'art. Je vous en adresse ici tous mes remerciements, cher et vénéré maître... »

M. Th. Chauvel fut moins heureux. Cependant il pourrait dire, lui aussi, de quel secours lui fut son maître, quelles recommandations il obtint de lui, notamment auprès du vieux Jules Dupré pour la reproduction de ses œuvres. Tous ses élèves pourraient ainsi rendre témoignage de la sollicitude de Jules Laurens pour eux, de l'excellence de ses avis, du réconfort qu'il leur apportait au milieu de leur travail : « Je suis complètement perdu, désemparé, lui écrivait M. Paul Vayson, prêt à lâcher ma maudite bergère au milieu de ses ruines et de celles de mes espérances. Un remaniement radical ou seulement quelques modifications pourraient-ils sauver la situation? Vous seul, vis-à-vis de ma confiance, pourriez dire cela, me remonter peut-être sur ma bête, ou confirmer mon envie de « cacher «ça» pour toujours ».

Tous pourraient encore dire de quel appui il leur fut pour leur admission aux Salons, la recommandation de leurs œuvres aux membres du

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