‹ Jules LaurensChapitre 85 sur 230 · DÉPART DE PARIS POUR LA PROVINCE · texte numérisé non relu

DÉPART DE PARIS POUR LA PROVINCE

gault-Ducoudray, Guiraud, Pierné, Lecomte du Mouy, Jean Aicard, Formigé, Adam, etc., y Amenaient rejoindre les amis plus anciens, tels que Paul Flandrin, Gustave Doré, J.-J. Henner, Laurent Pichat, Jules Didier et tous les autres que nous connaissons déjà. L'animation y était sans pareille : même Doré, le joyeux boute-en-train, en paraissait quelquefois surpris : « Surveillez le buffet, disait-il à la maîtresse de maison, avant une heure ils seront tous gris ! »

Malgré les précieux avantages de cette vie parisienne, malgré les amitiés sincères qu'il y possédait, Jules Laurens aspirait de toute son âme après le moment où il lui serait donné de vivre enfin dans une retraite absolument modeste. Il ne pensait pas pour cela se reposer : est-ce qu'un artiste peut y songer, quand il aime son art? Mais il voulait principalement se dégager des préoccupations mondaines et vi\Te en face de la nature, dans le pays qui avait conservé ses affections intimes, à Carpentras surtout. N'écrivait-il pas, en 1875, cette note qui en disait long sur ses désirs encore dissimulés : « D'Avignon à Carpentras, j'ai contemplé, adoré des yeux et du cœur cet élyséen bassin du Comtat, comme Moïse, toute proportion gardée, regarda la Terre promise où il ne devait pas mourir. »

De son premier mariage. Madame Jules Laurens avait eu deux filles, à l'éducation desquelles son second mari s'est dévoué avec une affection toute paternelle. L'aînée épousa l'architecte C. Formigé, dont la réputation est universellement étabhe. La seconde, admirablement douée pour la peinture qu'elle exerce avec maîtrise, devint la femme du chimiste Paul Adam, inspecteur principal des étabhssements classés du département de la Seine et membre du Conseil supérieur d'hygiène. Quand ce double mariage fut accompli, Jules Laurens crut le moment venu pour lui de réahser le rêve qu'il caressait depuis plusieurs années déjà. Il ne conserva qu'un pied-à-terre à Paris, et fit à Carpentras des séjours de plus en plus prolongés, jusqu'au moment où il rompit complètement avec la capitale.

Ce fut une nouvelle existence qu'il commença, existence plus calme, plus méditative, plus dégagée des soucis de la vie, mais toujours aussi laborieuse.

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