CHAPITRE VH
La retraite au pays natal. — Nouveaux séjours en Italie. — Les dernières années. — Liquidation d'une vie de labeur.
E n'est ni en misanthrope, écrivait Jules Laurens, ni en contempteur de quoi que ce soit, au contraire, que je me retire en mon réduit provincial... humble fromage d'Auvergne, dit de pauvre, préférable à mes goûts, suffisant à mes besoins. Les grandes tables trop abondamment servies, avec autour l'éclat des toilettes et le brouhaha des conversations générales, m'ont toujours ôté l'appétit et toute bonne humeur. »
Et ailleurs, il exphquait ainsi la raison qui l'avait fait se retirer en sage, loin du monde : «Au cœur de la cité, dans le tumulte de la foule, les absorptions et distractions de la vie courante, des métiers impérieux, des soins domestiques, de tout et de rien, on n'entend pas le son des heures du grand beffroi. Elles paraissent ne vibrer que dans les nuages et pour un monde idéal. Dès la sortie du faubourg, aux premiers pas dans la campagne, vous entendez, étonné et singulièrement ému, sonner ces heures, leurs demies et leurs quarts. Nettes et mélancohques à la fois, elles sont les hautes conseillères de vos pensées et les guides de votre chemin. Ainsi, pour bien apprécier et pratiquer les hommes et les choses, doit-on s'en trouver à une certaine distance, et même, dans certains cas, faut-il garder soi-même un isolement relatif, sinon absolu. »
C'est donc pour mieux jouir des hommes et des choses, mais surtout pour mieux vivre en pleine nature, dans l'indépendance complète vis-àvis du monde et dans la hbre pratique de son art, qu'il était venu se