CONVERSATION
(Suite.)
Montéclain s'assit en face de Brias et commença ainsi :
— Or, écoutez-moi, ami Brias, vous êtes dans les grilles de Léona.
— Nullement.
— .N'en parlons plus, dit Montéclain en se levant, chacuu pour soi...
— Vous prétendez que je suis dans les griffes de Léona?
— Eh oui! furieux diplomate qui, le lendemain d'une déroute, cmit qu'il est d'une adresse extrême de dire aune puissance qui voudrait s'allier à vous : « Nous avons encore beaucoup de canons, beaucoup d'hommes, beaucoup de chevaux, » lorsqu'il est clair que vous n'avez plus rien... Oui, vous êtes dans les grilles de la Léona; elle peut vous dépecer, vous dévorer... vous anéantir... Ne le savez-vous pas '.
— Je sais qu'elle a surpris le secret de madame de Champmortain et le mien... Mais Sylvie est innocente, je le jure!...
— Le sera-t-elle longtemps?.. N'aviez-vous pas, aujourd'hui même, un rendez-vous avec elle? Ne deviez-vous pas la rencontrer chez madame Amah ?
— Et quand cela serait ?
— Et vous, Brias, s'écria Montéclain, un gentilhomme, vous exposez la femme que vous aimez, ou plutôt que vous n'aimez pas, à accepter la protection d'une Léona!... Mais, Brias, fût-elle coupable, et elle ne l'est pas, la pauvre femme! fût-elle coupable, elle s'appelle madame de