‹ Julie (volume 2)Chapitre 107 sur 187 · PARTIE IV, LETTBE X · texte numérisé non relu

PARTIE IV, LETTBE X

nable et utile, et qu'on respecte assez la dignité de rbomme, quoique dans la servitude, pour ne Toocuper qu'à des choses qui ne l'avilissent point. Au surplus, rien n'est bas ici que le vice, et tout ce qui est utile et juste est honnête et bienséant.

Si Ton ne souffre aucune intrigue au dehors , personne n*est tenté d'en avoir. Ils savent bien que leur fortune la plus assurée est attachée à celle du maître , et qu'ils ne manqueront jamais de rien tant qu'on verra prospérer la maison. £n la servant ils joignent donc leur patrimoine, et l'augmentent en rendant leur service agréable; c'est la leur plus grand intérêt. Mais ce mot n'est guère k sa place dans cette occasion ; car je n'ai jamais vu de police où l'intérêt fût si sagement dirigé et où pourtant il influât moins que dans celle-ci. Tout se fait par attachement : l'on dirait que ces âmes vénales se purifient en entrant dans ce séjour de sagesse et d'union. L'on dirait qu'une partie des lumières du maître et des sentiments de la maîtresse ont passé dans chacun de leurs gens, tant on les trouve judicieux, bienfaisants, honnêtes, et supérieurs à leur état. Se faire estimer, considérer, bien vouloir, est leur plus grande ambition ; et ils comptent les mots obligeants qu'on leur dit conmie ailleurs les étrennes qu'on leur donne.

Voilà, milord, mes principales observations sur la partie de l'économie de cette maison qui regarde les domestiques et mercenaires. Quant à la manière de vivre des maîtres et au gouvernement des enfants , chacun de ces articles mérite bien une lettre à part. Vous savez à quelle intention j'ai commencé ces remarques; mais en vérité tout cela forme un tableau si ravissant , qu'il ne faut pour aimer à le contempler d'autre intérêt que le plaisir qu'on y trouve.

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