‹ Julie (volume 2)Chapitre 140 sur 187 · PARTIE V, LETTBE XIV · texte numérisé non relu

PARTIE V, LETTBE XIV

ver. Oh Hc'est encore pis depuis que vous êtes partie ; car la petite maman n'est pas non plus de si bonne humeur que quand vous y êtes. Maman , mon petit mali se porte bien , mais il ne vous aime plus , parce que vous ne l'avez pas fait sauter hier comme k l'ordinaire. Moi , je crois que je vous aimerais encore un peu si vous reveniez bien vite, afin qu'on ne s'ennuyât pas tant. Si vous vouiez m'apaiser tout à fait, apportez à mon petit mali quelque chose qui lui fasse plaisir. Pour l'apaiser, lui , vous aiurez bien l'esprit de trouver aussi ce qu'il faut faire. Ah I mon Dieu I si notre bon ami était ici , comme il l'aurait déjà deviné I Mon bel éventail est tout brisé ; mon ajustement bleu n'est plus qu'un chiffon ; ma pièce de blonde est en loques ; mes mitaines à jour ne valent plus rien. Bonjour, maman. Il faut finir ma lettre, car la petite niaman vient de finir l{i sienne et sort de son cabinet. Je crois qu'elle a les yeux rouges, mais je n'ose le lui dire; mais en lisant ceci elle verra bien que je l'ai vu. Ma bonne maman , que vous êtes méchante si vous faites pleurer ma petite maman I

P. S, J'embrasse mon grand-papa , j'embrasse mes oncles, j'embrasse ma nouvelle tante et sa maman ; j'embrasse tout le monde , excepté vous. Maman , vous m'entendez bien ; je n'ai pas pour vous de si longs bras '.

* Parmi les brouilloiu de ces lettres , dont le recueil est déposé à l<i bibliothèque de la chambre des députés, il existe une réponse de Claire à cette lettre de sa fille. L'auteur s'est décidé à supprimer cette lettre , et les lecteurs , tout en reconnaissant qu'il a bien eu raison d'en agir ainsi, par cela même la liront peut-être ici avec quelque intérêt. Voici cette lettre d'une écriture trës>lisible , mais qui ne laisse pas encore d'être chargée de ratures.

Lettre de madame d'Orbe à ta fille.

Tu fais bien, mignonne, de m'almer encore un peu; pour moi. Je t'aime à la folle. Mais Je trouve que tu te plains de mon absence, de manière à la faire durer longtemps; car ta lettre m'en fait désirer beaucoup de scmblabfbs. et tu grondes de trop bonne grâce pour me donner envie de t'apatser. Quant au petit malt, qu'il ne faut point tant appeler le lien , Je veux l'apaiser, lui, de peur qu'il ne boude, et l'on n'a Jamais bonne grâce à bouder. Tu dis que J'aurai

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