PARTIE VI, LETTRE VllI
e d'aller composer des livres de dévolion , disputer avec s évoques, et se faire mettre à la Bastille pour des revers où Ton ne comprend rien. Je n'aime pas non plus ce igage mystique et figuré qui nourrit le cœur des chiures de l'imagination , et substitue au véritable amour Dieu des sentiments imités de l'amour terrestre, et trop opresà le réveiller. Plus on a le cœur tendre et TimalatioQ vive , plus on doit éviter ce qui tend à les émouir ; car enfin comment voir les rapports de l'objet mys- [ue si l'on ne voit aussi l'objet sensuel? et comment une nnête femme ose-t-elle imaginer avec assurance des obs qu'elle n'oserait regarder * ?
Mais ce qui m'a donné le plus d'éloignement pour lesdéts de profession, c'est cette âpreté de mœurs qui les rend sensibles k l'humanité , c'est cet orgueil excessif qui leur It regarder en pitié le reste du monde. Dans leur élevam sublime, s'ils daignent s'abaisser à quelque acte de >nté, c'est d'une manière si humiliante; ils plaignent $ autres d'un ton si cruel , leur justice est si rigoureuse , iir charité est si dure, leur zèle est si amer, leur mépris ssemblé si fort à la haine, que l'insensibilité môme des ns du monde est moins barbare que leur commiséra- )n. L'amour de Dieu leur sert d'excuse pour n'aimer irsonue ; ils ne s'aiment pas même l'un l'autre. Vit-on jaais d'amitié véritable entre les dévots? mais plus ils se itachent des hommes, plus ils en exigent; et l'on dirait l'ils ne s'élèvent à Dieu que pour exercer son autorité ir la terre.
Je me sens pour tous ces abus une aversion qui doit nairèllement m'en garantir; si j'y tombe, ce sera sûrement ms le vouloir, et j'espère de l'amitié de tous ceux qui l'environnent que ce ne sera pas sans être avertie. Je
I Cette objection me parait tellement «oUde et sans réplique , que si J'avais moindre pouvoir dans l'Église . Je l'emploierais à faire retrancher de nos rres sacrés le Cantique des cantiques . et J'aurais bien du regret d'avoir tendu si tard.