‹ JulieChapitre 119 sur 200 · LXIV. DK CLAIRE À M. d'oRFE · texte numérisé non relu

LXIV. DK CLAIRE À M. d'oRFE

IVxow pere m"a rapporté ce matin l'entretien qn'il eut hier avec vous. Je vois avec plaisir que tout s'acbeinine à ce qu'il vous plaît d'appeler votre bonheur. J'espère , vous le savez , d'y trouver aussi le mien ; l'estime et l'amitié vous sont acquises , et tout ce que mon cœur peut nourrir de sentiments pins teudres est encore à vous. Mais ne vous y trompes pas ; je suis en femme une espèce de monstre , et je ne sais par quelle bizarrerie de la nature l'amitié l'emporte en moi sur" l'amour. Quanil je vous dis que ma Julie m'est plus chcre que vous , vous n'ea faites que rire ; et cependant rien n'est plus vrai. Julie le sent si bien , qu'elle est plus jalouse poor vous ([ue vous-même , et que, tandis que vous paroissez content, elle trouve toujours que je ne vous aime pas assez. Il y a plus , et je m'attache tellement à tout ce qui lui est cher, que son amant et a^ous êtes à -peu -près dans mon cœur en même degré, quoique de diflérentes manières. Je nai pour lui que de l'iimilié, mais elle est plus vive ; je crois sentir un peu d'amour pour vous , mais il est pins posé. Quoique tout cela pût paroitrc assez équivalent pour troubler la Irainjuillité d'un jaloux, je ne pense pas qne la vAtre eu soit fort altérée.

Que les pauvres enfants en sont loin , de cette douce tranquillité dout nous osons jouir! et que notre contentement a mauvaise grâce , tandis que

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