TROISIEME PARTIE. i8i
îher ee dangereux secret. On se fait une loi de parler en sa présence l'anciemie familiarité ; mais si la endresse maternelle prolite avec plaisir de ce préexte , une fille confuse n'ose livrer son cœur à de« laresses qu'elle croit feintes , et qui lui sont d'auant plus cruelles qu'elles lui seroient douces si lie osoit y compter. En recevant celles de son père , lie regarde sa mère d'un air si tendre et si humilié, u'on voit son cœur lui dire par ses yeux : Ali ! que le suis- je digne encore d'en recevoir autant de eus !
Madame d'Etange m'a prise plusieurs fois à part ; t j'ai connu facilement , à la douceur de ses réprioandes et au ton dont elle m'a parlé de vous , que nlie a fait de grands efforts pour calmer envers lous sa trop juste indignation, et qu'elle n'a rien pargné pour nous justifier l'un et l'autre à ses déens. Vos lettres mêmes portent , avec le caractère .'un amour excessif, une sorte d'excuse qui ne lui pas échappé; elle vous reproche moins l'abus de a couiiance qu'à elle-même sa simplicité à vous accorder. Elle vous estime assez pour croire qu'aunn autre homme à votre place n'eût mieux résisté ue vous; elle s'en prend de -vos fautes à la vertu lêmc. Elle conçoit maintenant, dit-elle, ce qut Vst qu'une probité trop vantée, qui n'empêche oint un honnête homme amoareux de corrompre, il peut, une iîUe sage, et de déshonorer sans :rupule toute une famille ])Our satisfaire un molent de fureur. Mais que sert de revenir sur lo pasî? Il s'agit de cacher sous un voile éternel cet dieux mystère, d'en effacer, s'il se peut, jusqu'au
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iS^ LA NOUVELLE HÉ LOI SE.
moindre vestige, et de seconder la bonté du ciel ({■ui n'en a point laissé de témoignage sensible. Le secret est concentré entre six personnes sûres. Le repos de tont ce que vous avez aimé , les jours d'une niere au déscsj)oir,Vhonnenr d'une maison respectable, votre propre vertu , tout dpend de vous encore; tont vous prescrit votre devoir : vous pouvez réparer le niai que vous avez fait ; vous pouvez vous rendre digne de Julie, et justifier sa faute en renonçant à elle ; et si votre cœur ne m'a point trompé , il n'v a plus que la grandeur d'un tel sacrifice fjni puisse répondre à celle de l'amour qui l'exige, l'ondée sur l'estime que j'eus toujours pour vos sen^i» ments , et sur ce que la plus tendre union qui fut jamais lui doit ajouter de force, j'ai promis en votre nom tout ce que vous devez tenir : osez me démentis si j'ai trop présumé de vous , on soyez aujourd'bu ce que vous devez être. 11 faut immoler voire mai tresse ou votre amour l'un à l'autre , et vous mon trcr le plus lâche ou le plus vertueux des hommes Cette mère infortunée a voulu vous écrire ; ell< avoit même commencé. G dieu ! que de coups d' poignard vous eussent portés ses plaintes ameres Que ses touchants reproches vous eussent déchir le coeur ! Que ses humbles prières vous eussent pé nétré de honte! J'ai mis en pièces cette lettre acca blante que vous n'eussiez jamais supportée : je n'î pu souffrir ce comble d'horreur de voir une niei humiliée devant le séducteur de sa fille: vous êt< digue an moins qu'on u'emjdoie pas avec vou» é l areils moyens, f^ils pour fléchi/^* des monslrta
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