TROISIEME PARTIE. i.ji
T , DE J U L I r. À s O X AMANT.
JLj r. T. E n'est plus. Mes yeux ont vu fermer les siens pour jamais ; ma bouche a reçu son dernier soupir ; mon non\ fut le dcruier mot qu'elle prononça; son dernier regard, fut tourné sur moi. Non , ce n'étoit pas la vie qu elle sembloit <juitter, j'avois trop peu su la lui rendre cLere; c'ctoit à moi seule qu'elle s'arrachoit. Elle me voyoit sans qui de et sans espérance, accablée de mes u.dlheurs et de mes fautes : mourir ne fut rien pour « lie, et son cœur n'a gcmi que d'abandonner sa fille dans cet état. Elle n'eut que trop de raison. Qu'avoit-elle à regretter sur la terre? Qu'est-ce qui pouvo't ici-bas valoir à ses yeux le prix immortel de sa patience et de ses vertuë qui l'altendoit dans le ciel .■* Que lui restoit-il à faire au monde sinon d'y pleurer mon opprobre.' Ame pure et chaste , digne épouse, et mère incomparaTîle, tu vis maintenant au séjour de la gloire et de la félicité ; tu vis î et moi , livrée au repentir et au désespoir, privée à jamais de tes soins, de tes conseils, de les douces caresses, je suis morte au bonheur, à la paix, à l'innocence : je ne sens plus que ta perte; je ne vois plus (|ne ma honte; ma vie n'est plus que peine et douleur. Ma mère, ma tendre raere , hélas! je suis bien plus morte que toi !
Mon dieu ! quel transport égare une infortunée et lui fait oublier ses résolutions.^ Où viens-je verser mes pleurs et pousser mes gémissements.'' C'est le
cruel qui les a causés que j'en' rends le dépositaire ! C'est avec celui qui fait les malheurs de ma vie que j'ose les déplorer! Oui, oui, barbare, partagez les tourments que vous me faites souffrir. Vous par qui je plonpeai le couteau dans le sein maternel, gémissez des maux qui me viennent devons, et sentez avec moi l'horreur d'un parricide qui fut votre ouvrar;e. A quels yeux oserois-je paroître aussi méprisable que je le suis? Devant qui m'avilirois-je au gré de mes remords? Quel autre que le complice de mon crime pourroit assez les ronnoître? C'est mon plus insupportable supplice de n'être accus< e que par mon cœur , et de voir attribuer an bon naturel les larmes impures qu'un cuisant repentir m'arrache. Je vis, je vis en frémissant la douleur empoisonner, hâter les derniers jours de ma triste mère. En va-in sa pitié pour moi l'empêcha d'en convenir; euvain elle affectoit d'attribuer leprogrrs de son mal à la cause qui l'avoit produit, en vaia ma cousine gagnée a tenu le même langage : rien n'a pu tromper mon cœur déchiré de regret; et, pour mon tourment éternel, je garderai jusqu'au tombeau l'affreuse idée d'avoir abrégé la vi-3 de celle à qui je la dois.
O vous que le ciel suscita dans sa colère pour me rendre malheureuse et coupable , pour la dernière fois recevez dans votre sein des larmes dont vous êtes l'auteur. Je ne viens plus, comme autrefois, partager avec vous des peines qui dévoient nous être communes. Ce sont les soupirs d'un dernier adieu qui s'échappent jnalgré moi. C'en est fqit; l'empire de l'amour est éleint dans une ame livrée ou seul