‹ JulieChapitre 143 sur 200 · TROISIEME PARTIE. i · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. i

esespoir. Je consacre le reste de mes jours à pleur la meilleure des mères ; j e saurai lui sacrifier des intiments qui lui ont coûté la vie; je serois trop eureuse qu'il m'en coûtât assez de les vaincre , pour cpier tout ce qu'ils lui ont fait souffrir. Ah ! si son ;prit immortel pénètre au fond de mon cœur, il it bien que la victime que je lui sacrifie n'est pas »ut-à-fait indigne d'elle. Partagez un effort que ous m'avez rendu nécessaire. S'il vous reste quelae respect pour la mémoire d'un nœud si cher et funeste, c'est par lui que je vous conjure de me lira jamais, de ne plus m'écrire, de ne plus aigrir es remords, de me laisser oublier, s'il se peut, ; que nous fûmes l'un à l'autre. Que mes yeux ne DUS voient pfus; que je n'entende plus prononcer Dtre nom ; que votre souvenir ne vienne plus agiter on cœur, .l'ose parler encore au nom d'un amour ui ne doit plus être; à tant de sujets de douleur 'ajoutez pas celui de voir son dernier vœu méprisé, dieu doue pour la dernière fois , unique et cher... .h! fille insensée !... Adieu pour jamais.

TI. DE l'amant de JULIE À MADAME d'oRBE.

^NFiN le voile est déchiré; cette longue illusion est évanouie; cet espoir si doux s'est éteint : il ne le reste pour aliment d'une flamme éternelle qu'un )uvenir amer et déli.'ieux qui soutient ma vie et ourrit mes tourments du vain sentiment d'un bonenr qui n'est plus,

NOLV. IIÉLOÏSK. 2. 17

Est-il Jonc vrai que j'ai fjoùté la félicitt- suprême Suis-je bien le même être qui iut heureux ua jour Qui peut sentir ce que je souffre n'est-il pas né pon toujours souffrir? Qui put jouir des biens que j'j perdus peul-il les perdre et vivre encore ;' et d« sentiments si contraires peuvent-ils çeruier dans u même ca^ur?. Tours de plaisir et de gloire, non , voc n'étiez pas d'un mortel ; vous étiez trop beaux pot devoir être périssables. Une douce extase absorbo toute votre durée, et la rassembloit en nn poii comme celle de l'éternité. Il n'y avoit j our moi i passé ni avenir, et je goùtois à- la fois les délie de mille siècles. Hélas ! vous avez disparu comme u éclair. Cette éternité de bonbeur ne fut qu'un ii stant de ma vie. Le temps a repris sa lenteur dai les moments de mon désespoir, et l'ennui mesu par longues années le reste infortuné de mes jour

Pour achever de me les rendre insupportable plus les afflictions m'accablent , plus tout ce q m'étoit cher semble se détacher de moi. Madani il se peut que vous m'aimiez encore; mais d'auti soins vous appellent , d'autres devoirs vous occ peut. Mes plaintes que vous écoutiez avec iutéi sont maiti^tenant indiscrètes. Julie , Julie elle-mêi se décourage et m'abandonne. Les tristes remor ont chassé l'amour. Tout est changé pour moi; mi cceur seul est toujours le même, et mon sort exi < plus affreux.

Mais (ju'imporle ce que je suis et ce que je d( être.'* Julie souffre, est-il temps de songer à mo Ah ! ce sont ses peines qui rendent les miennes pi ameres. Oui , jaiiueroi» mieux qu'elle ct-isàl

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