‹ JulieChapitre 144 sur 200 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

"aimer et qu'elle fut heureuse... Cesser de m'aier !... respere-t-ellc?...Jamais, jamais. Elle a beau (; défendre de la voir et de lui écrire. Ce n'est pas tourment qu'elle s'ôte, hélas! c'est le consola- ■ur. La perte d'une tendre mère la doit-elle priver 'un plus tendre ami ? croit-elle soulager ses maux a les multipliant ? O amour ! est-ce à tes dépens qu'on eut venger la nature ?

Non, non; c'est en vain qu'elle prétend m'^oulier. Son tendre cœur pourra-t-il se séparer du lieu ? Ne le retiens-je pas en dépit d'elle ? Oublieon des sentiments tels que nous les avons éproués ? et peut-on s'en souvenir sans les éprouver iicore ? L'amour vainqueur fît le malheur île sa ie ; l'amour vaincu ne la rendra que plus à plainre. Elle passera ses jours dans la douleur, lour- .lentée à la fois de vains regrets et de vains deirs , sans pouvoir jamais contenter ni l'amour ni 1 vertu.

Ne croyez pas pourtant qu'en plaignant ses ereurs fe me dispense de les respecter. Après tant de acriflces , il est trop tard pour apprendre à désoléir. Puisqu'elle commande, il suffit; elle n'enendra plus parler de moi. Juge/, si mon sort est ffreux. Mon plus grand désespoir n'est pas de reloncer à elle. Ah! c'est dans son cœur que sont mes iouleurs les plus vives, et je suis plus mialheurcux le sou infortune que de la mienne. Vous <|u'«lle lime plus que toute chose, et qui seule, après moi , a savez- dignement aimer, Claire, aimable Claire, rous êtes l'unique bien qui lui reste. Il est asser précieux pour lui rendre supportable la perte d«

19^ LA NOUVELLE IIÉLOISE.

tous les autres. D<'dommagez-la des cousolations qc lui sont ùtées, et de celles qu'elle refuse; qu'une saiut amitié supplée à la fois auprès d'elle à la tendress d'une mère, à celle d'un amant, anx charmes d tous les sentiments qui dévoient la rendre heureus» Qu'elle le soit, s'il est possible, à quelque prix qn ce puisse être. Qu'elle recouvre la paix et le repc dont je lai privée; je sentirai moins les tourmeni qu'elle m'a laissés. Puisque je ne suis plus rien mes propres \enx, puisque c'est mon sort de pa. scr ma vie à mourir pour elle ; qu'elle me regarc comme n'étant plus , j'y consens si cette idée la ren plus tranquille. Puisse-t-elle retrouver près de voi ses premières vertus , son premier bonheur ! Puisï t-elle être encore par vos soins tout ce qu'elle ei été sans moi !

Hélas 1 elle étoit fille , et n'a plus de mère ! Toi la perte qui ne se répare point, et dont on ne : console jamais quand on a pu se la reprocher, conscience agitée lui redemande cette mère tendi et chérie , et dans une douleur si cruelle l'horrib remords se joint à son affliction. O Julie! ce sent ment affreux devoit-i) être connu de toi.' Von* qi fûtes témoin de la maladie et des derniers momen de cette mère infortunée , je vous >upplie , je voi conjure, dites-moi ce que j'en dois croire. Déchire moi le cœur si je suis coupable. Si la douleur de ni fautes l'a fait descendre an tombeau , nous somni deux monstres indignes de vivre ; c'est un crime ( songer à des liens si funestes , c'en est un de vot |i le jour. Non, j'ose le croire, un feu si pur n'a poi produit de si noirs effets. L'amour nous inspir.i cî

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