‹ JulieChapitre 155 sur 200 · I TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

I TROISIEME PARTIE

eruôl. Cesse enfin d'être le jouet d'un vaia espoir lit de te repaître de chimères. Tu te presses beauj30up d'être fiere de ta laideur : sois plus humble , m"oi.s-moi, tu n'as encore que trop sujet de l'être. Un as essuyé une cruelle atteinte, mais ton visage a 11' é[)arjj[né. Ce que tu prends pour des cicatrices ic sont que des rougeurs qui seront bientôt effa- ■ces. .le fus plus maltraitée que cela, et cependant :u vois que je ne suis pas trop mal encore. Mon an- ^e , tu resteras jolie en dépit de toi, et l'indifférent Wolmar, que trois ans d'absence n'ont pu guérir i'un amour conçu dans huit jours, s'en gnérirac-il en te voyant à toute heure? O si ta seule ressource est de déplaire , que ton sort est désespéré !

V>*'ew est trop, c'en est trop. Ami, tu as vaincu. Je ne'suis point à Tépreuve île tant d'amour; ma résistance est épuisée. .l'ai fait usage de toutes mes forces; ma conscience m'en rend le consolant iémoipjnage. Que le ciel ne me demande point compte lie plus f|H'il ne m'a donné. Ce triste cœur que tu achetas tant de fois, et qui coûta si cher au tien , t'appartient sans réserve; il fut à toi du premier inoinent où mes yeux te virent, il te restera jusf|u'à mon dernier soupir. Tu l'as trop bien mérité pour leperrlre, et je suis lasse de servir aux dépens de la justice une cliimérifjuc vertu.

OdJ I tendre et géuéroux amant , ta Julie icra tou-

jdurs tieaue, elle t'aimera toujours : il le faut, je le veux , j e le dois. Je te rends l'empire que l'amour t'a donné ; il ne te sera plus ôté. C'est en vain qu'une voix mensongère murmure au foud tle mon ame , elle ne m'abusera pins. Que sont les vains devoirs qu'elle m'oppose contre ceux (l'aimer à jamais ce que le ciel m'a fait aimer .'* Le plus sacré de tons n'est-il pas envers toi ? n'est-ce pas à toi seul que j'ai tout promis? le premier vœu de mon cœur ne fut-il pas de ne l'oublier jamais? et ton inviolable fidélité n'eçt-elle pas uu nouveau lien pour la mienne? Ab ! dans le transport d'amour qui me rend k toi, mon seul regret est d'avoir combattu des sentiments si chers et si légitimes. Nature, ô douce naturel re- [^rends tous tes droits; j'abjure les barbares vertus ' qui t'anéantissent. Les penchants que tn m'as donnés seront-ils plus trompeurs qu'une raison qui m'égara tant de fois ?

Respecte ces tendres penchants , mon aimable ami; tu leur dois trop pour les haïr; mais souffre- " 8-en le cher et doux partage; souffre que les droits du sang et de l'amitié ne soient pas éteints par ceux de l'amour. Ne pense point que pour te suivre j'abandonne jamais la maison paternelle ; n'e.spere point que je me refuse aux liens (jue m'impose une autorité sacrée : la cruelle perte de l'un des .'tuteurs de mes jours m'a trop appris à craindre d'affliger * l'autre. Non, celle dont il attend désormais toute sa consolation ne coulristera point son ame accablée d'ennuis; je n'aurai point donné la mort à tout ce qui me donna la vie. Non, non; je ronnois mon crime et ne puis le haïr. Devoir, honneur, vertu ,

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