TROISIEME PARTIE. aSS
Oiflre de la nature que tu as établi, et aur. règle» le la raison que je tiens de toi. Je remets mon cœur ;ous ta garde et mes désirs en ta main. Rends tontes lies actions conformes à ma volonté constante, qui ■st la tienne; et ne permets plus que l'erreur d'un noment l'emporte sur le choix de toute ma vie.
Après cette courte pricre , la première que j'eusse aile avec un vrai zèle, je me sentis tellement affernie dans mes résolutions, il me parut si facile et si loux de les suivre, que je vis clairement où je derois chercher désormais la force dont j'avois besoin îour résister à mon propre cœur, et que je n"e pourois trouver en moi-même. Je tirai de cette seule déîouverte une confiance nouvelle, et je déplorai le risie aveuglement qui me l'avoit fait manquer si ong-temps. Je n'avois jamais été tout-à-fait sans reigion : mais p«;ut-étre vaudroit-il mieux n'en point ivoir du tout, que d'en avoir une extérieure Pt maliérée , qui sans toucher le cœur rassure la conicience ; de se borner à des formules, et de croire ;xacte"ment en Dieu à certaines heures pour n'y plus )enser le reste du temps. Scrupuleusement attachée lu culte public, je n'en savois rien tirer pour la H'atifjue de ma vie. Je me sentois bien née, et me ivrois à mes penchants ; j'aimois à réfléchir, et mo iois à ma raison: ne pouvant accorder l'esprit de 'évanf,'i le avec celui du monde, ni la foi avec les xuvrcs, j'avois pris un milieu qui contentoit ma /•aine sagesse; j'avois des maximes pour croire et i'aulres pour a^ir; j'oublioi^ dans un lieu ce que avois pensé dans l'autre; j'élois dévote à l'éj^lise :t philosophe au lofjis. Hélas! je n'étois rien nulle
nouv. Htii.oisi' . 2. ua
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part , uns pr.eres ir«'loicat que des mots , mes rai sotiueirieuts des sophisines, et je saivois [lour toute I lumière la faus.vc lueur des feux errants qui me guidolent pour me j>crdre.
Je ne puis vous dire combien ce principe intérieur qui lu'avoit mauqué jus ju'ici m'a donné de [i lutpris pour ceux qui m'ont si mal couduite. Quelle ii étoif , je vous prie, leur raison première? et sur i quelle base étoient-ils fondes? Un beureux instinct me porte au bien : une violente passion s'élève ; elle a sa racine dans le même instinct, que ferai-je pour la détruire? De la considération de l'ordre je tire la beauté de le vertu, et sa bonté de l'utilité commune. Mais que fait tout cela contre mon intérêt particulier? et lequel au foud m'juip'jrte le plus, de mon boii'aeur aux dépens du i i-s e des liommes , t)U du io bonhenr des autres aux dépens du mien? Si lato crainte de la honte ou du ebàtiment mempèebe de ai mal faire pour mon prolît . je n'ai qu'à mal faire en secret, la V!:rtu n'a plus rieu à me dire; et si je suistj surprise en faute , on punira comme à Sparte, none; le délit, mais la mal-adresse. Enfin, que le caractère )ii etramouv da l;eau soient empreints parla natureon au fond de mon ame, j'aurai ma règle aussi lonp-ts temps (ju'ils ne seront point deligurés. Maiscom-oo ment m'assurer de conserver toujours dans sa pureté m cette eflîgie intérieure qui n'a point parmi les élresetii .sensibles de modèle autjwel on puisse la compar(r?i(it Ne sait-on pas que les affections désordonnées cor- on roiufve'U le jnu;ement ainsi que la volonté, et que looni ofwis'ience s'altère et .se modi/Ie iusensiblemenldariMicd ebaque siècle, dans cba:|ue peuple, dans chaque m-b