TROISIEME PARTIE. aS
ommuae de tous les hommes, que la pureté du lariage ne soit point altérée. Chaque fois que deux poux s'unissent par un nœud solennel, il inlerient un engagement tacite de tout le genre humain e respecter ce lien sacré , d'honorer en eux l'unioi»' Dujugale; et c'est, ce me semble, une raison très jrte contre les mariages clandestins , qui , n'offrant ul signe de celte union, exposent des coeurs innosnts à brûler d'unie flamme adultère. Le public est a quelque sorte garant d'une convention passée en i présence, et l'on peut dire que l'honneur d'nce îmme pudique est sous la protection spéciale de )us les gens de bien. Ainsi quiconque ose la cor- )mpre pèche , premièrement parcequ'îl In fait pélier, et qu'on partage tor»jours les crimes qu'on it commettre; il pèche encore directement luilême, parcequ'il viole la foi publique et sacrée tlri lariage, sans lequel rien ne peut subsister dans lorre légitime des choses humaines.
Le cl'ime est secret, disent-ils, et il n'en résulteicun mal pour personne. Si ces philosophes croient existence de Dieu et l'immortalité de l'ame, peu- 5nt-ils appeler un crime secret celai qui a pour fé-
oin le premier offensé et le seul vrai juge? Etraugtî
cret que celui qu'on dérobe à tous les yeux , hors ;ux à qui l'on a le plus d'intérêt à le cacher ! Quand
ènie ils ne reconnoîtroient pas la présence de la iviuité, comment osent-ils soutenir qu'ils ne font :• mal à personne? comment proiivut-ils f|u'il est idifféreut à un pcrc d'avoir des héritiers qui ne lient pas de sonsnng; d'ùtre chargé peut-être ili»
U9 d'enfants qu'il n'en auroil en , et forcé de l>ai-
a58 LA NOUVELLE HÉLOISE.
tager ses biens aux gages de son déshonueur 6an« sentir pour eux des entrailles de père? Supposons ces raisonneurs matérialistes; on n'en est que mieux fondé à leur opposer la douce voix de la nature , rjui rérlame au fond de tons les cœurs c*»ntre une orgueilleuse philosopliie , et qu'on n'attaqua jamais par de bonnes raisons. En effet, si le corps seul produit la pensée, et que le sentiment dépende uniquement des organes, deux ê|.res formes d'un même sanjj ne doiveut-ils pas avoir entre eux une plus étroite analogie, un attacbement pins fort l'un pour l'autre, et se ressembler ilame comme de visage, ce qui est une grande raison de s'aimer >•
N'est-ce donc faire aucun mal , à votre avis , que d'anéantir on troubler par un sang étranger ctte union raturelle, et d'altérer dans son principe l'affection mutuelle qni doit lier entre eux tous les membres d'une famille? Y a-t-il au monde un honnête homme qui neùt horreur de changer l'enfanf d'unautre en nourrice? et leciime est-il moindre de le changer dans le sein de la mère?
Si je considère mon sexe en p&rticrlier, que de maux j'appercois dans ce désordre qu'ils prétendent ne faire aucun mail ne fût-ce que l'avilissement d'une femme coupable à qui la perte de l honneur ôte bientôt toutes les autres vertus. Que d'indices trop sûrs pour un tendre époux d'une intelligence qu'ils pensent justifier par le secret, ne fût-ce que de n'f'tre plus aimé de sa femme 1 Que fera-t-elle avec SCS soins artificieux, que mieux prouver son indifférence? Esr-ce l'œil de l'amour qu'on abus«