TROISIEME PARTIE. aSg
par de feintes caresses? et quel supplice, auprès d'un objet chéri, de sentir que la main nous embrasse et que le cœur nous repousse! Je veux que la fortune seconde une prudence qu'elle a si souvent trompée; je compte un moment pour rien la témérité de confier .sa prétendue innocence et le re- ])0s d'autrui à des précautions que le ciel se plaît à confondre: que de faussetés, que de mensonges, que de fourberies pour couvrir uu mauvais commerce, pour tromper un mari , pour corrompre des ^jinestiques , pour en imposer au public ! Quel ^ andalc pour des complices! quel exemple pour des enfants! que devient leur éducation parmi tant de soins pour satisfaire impunément de coupables feux? Que devient la paix delà maison et l'union des chefs? Quoi î dans tout cela l'époux n'est point lésé? Mais qui le dédommagera donc d'un cœur qui lui étoit dû ? qui lui pourra rendre une femme estimable? qui lui donnera le repos et la sûreté? qui le gtiérira de ses justes soupçons? qui fera confier un perc au sentiment de la nature en embrassant son propre enfant?
A l'égard des liaisons prétendues que l'adultère et l'infidélité peuvent former entre les familles, c'est moins une raison sérieuse qu'une plaisanterie absurde et brutale qui ne mérite pour toute réponse que le mépris et l'indignation. Les trahisons, le» querelles, les combats, les meurtres, les empoisonnements dont ce désordre a couvert la terre dan» tous les leuip», montrent asscK ce qu'on doit attendre pour le repos et l'union de» hommes d'un attachement formé par le crime. S'il résulte quelque
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sorte lie société de ce vil et méprisable commerce, elle est semblable à celle des bricjands, fju'il faut détruire et aaéautir pour assurer les sociétés légitimes.
J'ai tâché de suspendre l'indignaticn que ra'inspireut ces maximes pour les discuter paisiblement avec vous. Plus je les trouve insensées, moins je dois dédaigner de les réfuter, pour me faire honte à moi-même de les avoir peut-être écoutées avec trop peu d'éioignement. Yous vovez combien elles supportent mal l'examen de la saine raison. Mais où chercher la saine raison sinon dar)s celui qui en est la source? et que penser de ceux qui consacrent à perdre les hommes ce flambeau divin qu'il leur donna pour les guider? Défions-nous d'une philosophie en paroles; défions-nons d*une fausse vertu fiui sape tontes les vertus, et s'applique à justifier tons les vices pour s'autorisera les avoirtous. Le meilleur moyen de trouver ce qui est bien est de le chercher sincèrement ; et l'on ne peut long-temps le chercher ainsi sans remonter à l'auteur de tout bien. C'est ce qu'il me sembleavoir fait depuis que je m'occupe à rectifier mes sentiments et mi raison; c'est ce que vous ftjrez mieux que moi quand vous voudrez suivre la !uème route. Il m'est consolant de songer que vous avez souvent nourri mon esprit des grandes idées de la religion; et vous, dont le cœnrneut rien de caché pour moi , ne m'en eussiez pas ainsi parlé si vous aviez eu d'autres sentiments. Il me semble même que ces conversations avoient pour nous des charmes. La présence de l'Etre suprême ne nous fut jamais importune ; elle nous doniioit plus