PREMIERE PARTIE
JLjnfin le premier pas est franchi, et il a été question de TOUS. Malgré le mépris que vous témoiguez pour ma doctrine , mon père en a été surpris :. il n'a pas moins admiré mes progrès dans la musique et dans le dessin (i) ; et au grand étonnemeut de ma mère, prévenue par vos calomnies (2), au blason près , qui lui a paru néglige , il a été fort content de tous mes. talents. Mais ces talents ne s'acquièrent pas sans maître; il a fallu nommer le mien; et je l'ai fait avec une énumération pompeuse de touîes les sciences qu'il vonloit bien m'enseigner , hoi-s une. Il s'est rappelé de vous avoir vu plusieurs fois à son précédent voyage , et il n'a pas paru qu'il eût conservé de vous une impression désavantageuse.
Ensuite il s'est informé de votre fortune; on lui a dit qu'elle étoit médiocre : de votre naissance ; on lui a dit qu'elle étoit honnête. Ce mot honnête est fort équivoque à l'oreille d'un gentil-homme , et a excité des soupçons que l'éclaircissement a couiirnics. Dès qu'il a su que vous n'étiez pas noble , il a demandé ce qu'on vous donnoit par mois. Ma more , prenant la parole , a dit qu'an pareil arrangcnirnt
(i) Voilà , ce mo semble , un sage de vingt ans qui Rait prodiyicusrmcnt de cliosos ! Il rst vrai q»i« Julif lo foiicit<' a irciilr île n'«''trt' plus si savant.
(a) (!ola Mf rap])orlc .i nn«» l«'ftnî n la nirrc, écrite sur uu ton équivoque , et qui a ctc &uppriuiéc.
loo LA NOUVELLE HÉ LOI SE.
iiètoit pas mc'me proposable ; et qn'au contraire vous aviez rejeté constamment tous le& moiudret présents qu'elle avoit tâché de vous faire en choses qui ne se refusent pas ; mais cet air de fierté n'a fait qu'exciter la sienne. Et le moyen de supporter l'idée d'être redevable à un roturier ? Il a donc été décidé qu'on vous offriroit un paiement, au refus duquel , malgré tout votre mérite, dont on convient, vous seriez remercié de vos soins. Voilà , mon ami, le résumé d'une conversation qui a été tenue sur le compte de mon très honoré maître, et durant laquelle son humble écoliere n'étoit pas fort tranquille, .lai cru ne pouvoir trop me hâter de vous en donner avis, alla de vous laisser le temps d'y réfléchir. Aussitôt que vous aurez pris votre résolution , ne manquez pas de m'en instruire ; car cet article est de votre compétence, et mes droits ne vont pas jusnues-là.
•l'apprends avec peine vos courses dans les montagnes; non que vous n'y trouviez , a mon avis, une agréable diversion, et qae le détail de ce que vous aurez vu ne me soit agréable à moi-même : mais je crains pour vous des fati:,'ues que vous n'êtes guère en état de supporter. D'ailleurs la saison ebt fort avancée; d'un jour à l'autre tout prut se couvrir de n^ige ; et je prévois que vous aurez encore plus à souffrir du froid que de la fatigoe. Si vous tombiez malade dans le j)avs ou vous êtes, je ne m'en consolcrois jamais. Revenez donc , mon bon ami , dans mon voitinage. Il n'est pas temps encore de rentrer à Vevai ; mais j«» \en\ «pie vous habitiez un séjour moins rude , et que nous soyons a portëei