‹ JulieChapitre 75 sur 200 · XXXIX. t) E JUI.I · texte numérisé non relu

XXXIX. t) E JUI.I

J. u n as pas un sentiment, mon bon ami, que mon cœur ne partage ; mais ne me parle plus de plaisir tandis que des gens qui valent mieux que nous souffrent, gémissent, et que j'ai leur peine à me reproclier. Lis la lettre ci-joiute, et sois tranquille si tu le peux; j)Our moi , qui connois l'aimable et bonne fille qui l'a écrite, je n'ai pu la lire sans des larmes de remords et de pitié. Le regret de ma coupable négligence m'a pénétré l'ame , et je vois avec une amere confusion jusqu'où l'oubli du premier de mes devoirs m'a fait porter celui de .tous les autres. .l'avois promis de prendre soin de cette pauvre enfant ; je la protégeois auprès de ma mère; je la teriois en quelque manière sous ma garde ; et , pour n'avoir su me garder moi-même, je l'abandonne sans me souvenir d'elle, et l'expose à des danj^crs pires que ceux où j'ai succombé, .le frémis eu songeant que deux jours plus tard c'en etoit fait peut-être de mon dépôt, et que riudi;;ence et la séduction perdoient une fille modeste et sage qui peut faire un jour une excellente mère de famille. O mou ami I comment v a-t-il dans le monde des bommes assez- vils pour acheter de la misère un jirix que le cœur seul doit payer , et recevoir d'une boucbc affamée les tendres baisers de l'amour !

Dis-moi, pourrois-tu u'étre pas touche de la pieté filiale de ma l'anchou, de ses sentiments Iiour.

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