PREMIERE PARTIE
arivations aussi douces que les plaisirs , et donner i ce qu'on fait pour vous le même charme qu'où trouveroit à se contenter soi-même! Ah! je l'ai dit :ent fois , tu es un ange du ciel , ma Julie ! sans loute, avec tant d'autorité sur mon aine, la tienne ;st plus divine qu'humaine. Comment n'être pas éternellement à toi, puisque ton règne est céleste? 't que serviroit de cesser de t'aimer s'il faut touours qu'on t'adore ?
P. S. Suivant mon calcul nous avons encore au noius cinq ou six jours jusqu'au retour de la manan : seroit-il impossible, durant cet intervalle, le faire un pèlerinage au chalet?
E murmure pas tant , mon ami , de ce retour jrécipité ; il nous est plus avantageux qu'il ne sem- »le ; et quand nous aurions fait par adresse ce que lous avons fait par bienfaisance , nous n'aurions »as mieux réussi. Regarde ce qui .seroit arriva si lous n'eussions suivi que nos fantaisies. Je serois liée à la campagne précisément la veille du retour le ma mère à la 'ville; j'aurois eu un exprès avant l'avoir pu ménager notre entrevue ; il auroif fallu lartir sur-le-champ, peut-être sans pouvoir t'averir , te laisser dans des perplexités mortelles . et lOtrc sépnr.'ition se scroit faite an moment qui I.i endoit ]<• plus douloureuse. Dr plus, on auroit su
KOI.V. IIFI.O .SK. I . I .'»
I70 LA NOLVELLE HÉLOISE.
rjue nous étions tous deux à la Ciinip.iguc ; malgfré nos précautions, peut-être eùt-ou su que nt'us y ^ étions ensemble ; du moins on Tauroit soupçonne^, c'en éloit assez. L'indiscrète avidilc du présent, nous ôtoit toute ressource pour l'avenir, et le re-, mords d'uue bonne œuvre dédaignée nous eût tour-, inentés toute la vie. ,,
Compare à présent cet état à notre sitnatioa, réelle. Prcraièrcmeat ton absence a produit un excellent effet, Mon Argus n'aura pas manqué de dire ù ma mère qu'on t'a voit peu vu cbex ma cousine : elle sait ton vpyage et le sujet ; c'est une raison do| plus pour t'estimer. Et le moyen d'imaginer que. des gens qui vivent eu bonne intell ij^ence prennent, volonîairemeat pour s'éloigner le seul moment ife liberté qu'ils ont pour se voir! Quelle ruse avonsnous emploi (c pour écarter uuc tro;) juste défiance ? La seuL- , a mon avis , q::i soit permise à d'honnêtes gens, celle de l'être à un point qu'on ne puisse i croire, en sorte qti on prenne un effort de vertu i pour un a«;te d irMlirtércnce. Mon ami , qu'un amouB radié par de tels moVeus iloit cîre doux aux cœur* qui le goûtent 1 Ajoute à cela le plaisir de réunir des amants désolés , et de rendre heureux deux jeunes r^eiis si dignes de l'être. Tu l'as vue ma Fanchon;dis, n'cst-elle pas charmante? et ne mérite-' t-clle pas bien tout ce que tu jis fait pour elle? N'est elle pas trop jolie et trop maibeureuse pour réciter fille imjiunément.'<]bude Anel, de son côté , dont le bon naturel a résisté par miracle à trois ans de ser Vice , eu eût-il pu supporter encore autant sans devenir un vaurien comme tous les autres.-* Au lieu