‹ JulieChapitre 95 sur 200 · PREMIERE PARTIE. 2o · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. 2o

Que ce mystérieui séjour est cliarmant ! tout y itte et nourrit l'ardeur qui me dévore. O Julie ! est plein de toi , et la fîaniiue de mes désirs s'y pand sur tous tes vestiges : oui , tous mes sens y >nt enivrés à la fois. Je ne sais quel parfum presse insensible, plus doux que la rose et plus léger le l'iris , s'exhale ici de toutes parts : j'y crois enndre le son flatteur de ta voix. Toutes les parties de n habillement éparses présentent à mon ardente lagination celles de toi-même qu'elles recelent:celte tëffure légère que parent de grands cheveux blonds l'elle feint de couvrir; cet heureux fichu contre IJquel une fois au moins je n'aurai point à niurmur ; ce déshabillé élégant et simple qui marque si en le goût de celle qui le porte ; ces milles si mitonnes qu'un pied souple remplit sans peine ; ce rps si délié qui touche et embrasse... Quelle taille chanteresse !.,. au-devant deux légers contours... spectacle de volupté !... la Ijaleinea cédé à la force l'impression... Empreintes délicieuses , que je us baise raille fois!... Dieux! dieux! que sera-ce and... Ah ! je crois déjà sentir ce tendre cœur ttre sous une heureuse main ! Julie ! ma charmante lie ! je le vois , je te sens par-tout , je te respire ec lair que tu as respiré ; tu pénètres toute ma bsf.'ince : que ton séjour est brûlant et doulouiix pour moi! il est terrible à mou impatience, viens, vole, ou je suis perdu.

Quel bonheur d'avoir trouvé de l'encre et du picr! J'exprime ce que je sens ]K»ur en fenipérer xcès, je doi\ne le change à mes tiansport.s en les crivnnt.

MOUV. lltl.oisE. 1 . 18

2o6 LA NOUVELLE IIÉLOISE.

Il me semble enttJtxlre du bruit; scroit-ce foi boj-bare père ?. je ne crois pas être làcbe... Mal qu'en ce moment la mort me seroit horrible ! mol dé.sespoir seroit égal à l'ardeur qui me consume. Ciel, je te demande encore une heure de vie, et l'abandonne le reste de mon être à ta rigueur. O desirs I ô crainte! à palpitations cruelles.'... on ouvre !... on entre !... c'est elle ! c'est elle ! je l'entrevois , je l'ai vue , j'entends refermer la porte. Mon cœur , mon foible cœur , tu succombes à tant d'agitations ; ah ! cherche des forces pour supporter la félicité qui t'accable !

\) H ! mourons , ma douce amie ! mourons , h bien-aimée de mon cœur I Que faire désormais d'uni jeunesse insipide dont nous avons épuisé toutes le.' délices.' Explique-moi, si, tu le peux, ce que j'a senti dans cette nuit inconcevable ; donne-mo l'idée d'une vie ainsi passée , ou laisse-m'en quitte; nue qui n'a plu.s rien de ce f|uc je viens d'éprouvé avec toi. Javois goûté le plaisir, et croyois conce voir le bonheur. Ah! je n'avois senti qu'un van songe , et u'injagiuois cjue le bonheur d'un enfant Me.s sei.s abusoient mon anie grossière; je ne cher chois qu'en eux le bien suprême, et j'ai trouvé qu leurs pliisirs épiiis<s n'étoient fjue le conïnicuce nient des miens. () cbef-d'auvre unique delà na ture ! divine Julie î possession délicieuse à la.iuell

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