PREMIERE PARTIE
ous les transports du plus ardent amour suffisent à
icine! non, ce ne sont point ces transports que je
egrette le plus : ah ! non, retire s'il le faut ces fa-
curs enivrantes pour lesquelles je donnerois inillo
ies ; mais rends-moi tout ce qui n'étoit point elles,
t les effaçoit mille fois. Rends-moi cette étroite
uioii des âmes que tu m'avois annoncée, et que tu
'as si bien fait goûter; rends-moi cet nlïattement
doux rempli par les effusions de nos cœurs;
nds-moi ce sommeil enchanteur trouvé sur loii
in ; rends-moi ce réveil plus délicieux encore , et
s soupirs entre -coupés, et ces douces larmes, et
s baisers qu'une voluptueuse langueur nous fai-
)it lentement savourer , et ces gémissemenf » si teu-
res durant lesquels tu pressois sur ton cœur ce
cur fait pour s'unir à lui.
Dis-moi, Julie, toi qui, d'après ta proprîj sensillté, sais si bien juger celle d'autrui , crois tu que que je kentois auparavant fût vcrilablemont de imour? mes sentiments, n'en doute pas, ont delis hier changé de nature, ils ont pris je ne saia loi de moins impétueux, mais de j)Ins doux , do us lendrc et de plus charmant. Te souvient- il de Ite heure entière que nous passinncs à parler pai- ^lenient de notre amour et de cet avenir obscur et dotitable p.'»r qui le j)résent uouséloit encore plu» asible, de celte heure, hélas! trop courte, dont le légère empreinte de tristesse rendit les euti»;- •ns si touchants? J'étois trauf|uille^ et pourtant t«)is près d»- toi ; je t'adorois et ne dcsirois rij'ii ; je inaginois pas luènie une au' re »' lieilé (jiu- de seriainsi ton visage uupics du mien, lu r:s^;irutiuu
sso8 LA NOUVELLE HÉ LOI SE.
sur ma joue et ton bras autour de mou cou. Quel calme dans tous mes sens ! Quelle volupté pure , continue, universelle! Le charme delà jouissance étoit dans l'ame , il n'eu sortoit plus, il duroit toujours. Quelle différence des fureurs de l'amour ù une situa tion si paisible ! C'est la première fois de mes joura que je l'ai éprouvée auprès de toi; et cependant, juge duchangement étrangeque j'éprouve, c'est de tontei les heures de ma vie celle qui m'est la plus chère, et la seule que j'aurois voulu prolonger éternellement ( i). Julie , dis-moi donc si je ne t'aimois point auparavant, ou si maintenant je ne t'aime plus.
Si je ne t'aime plus? Quel doute ! Ai-je donc ces-i se d'exister? et ma vie n'est-elle pas plus dans toi| cœur que dans le mien? Je sens, je sens que tu m en mille fois plus chère que jamais; et j'ai trouvé dani| mon abattement de nouvelles force» pour te chéri) plus tendrement encore. J'ai pris pour toi des sen timents plus paisibles , il est vrai , mais plus affec tneux et de plus de différentes espèces; sans s'affoi hlir, ils se sont multipliés : les douceurs de l'amiti tcmpérint les emporlcmenis de l'amour, et j'im» gine à pt-ine quelque sorte d'attachement qui n m'unisse pns à toi. O ma charniante maîtresse! mon épouse, ma sœur, ma douce jiniie! que j aura peu dit pour ce que je sens, après avoir épuisé ton les noms les plus chers au cœur de l'homine.
(i) Femme trop facile, voulez-vous savoir si vou
êtes aimée? examinez votre amant sortant (\f vos hrai
O amour, si je rcî^rcltc Vhç^e où l'on te roùtr , ce nV(
pas pour l'heure de la jouissauce , c'est pour l'heure qi
, la suit.